Kristos signifiait « l’Oint ». Ils disaient : ces hommes et ces femmes portent une onction semblable à celle de l’Oint Ultime qu’ils proclament.
ABAKA, l’art de bruler pour Dieu
Nous écrivons à une génération en crise. Crise de spiritualité. Crise de sainteté. Crise de Feu. Cette série d’articles sont tirés de mon projet du livre : ABAKA, l’art de bruler pour Dieu dont je vous invite à soutenir la parution. Au-delà d’un livre, nous prions qu’il soit un outil de revitalisation spirituelle pour des églises, des communautés chrétiennes, des individus. Il est né d’un fardeau sacré : celui de voir Dieu accomplir, au milieu de nous, une œuvre nouvelle.
La série sera faite de sept parties pour refléter la structure de mon livre qui est fait de sept chapitres, mais je ne pourrai que vous fournir trois articles sur chaque partie.
Si Dieu vous dirige à soutenir mon travail de publication des livres, n’hésitez pas à me contacter. Nous travaillons sur une publication simultanée de ce livre avec son compagnon : la spiritualité Johannine, un commentaire sur la première épitre à Jean.
“À Antioche, les disciples furent appelés chrétiens pour la première fois.”
Les disciples de Jésus avaient porté bien des noms avant celui-là, des noms forgés surtout par leurs ennemis, leurs persécuteurs, ou par ceux qui les observaient de loin, sans les comprendre. Pour les uns, ils étaient des illuminés, prétendant que Jésus, leur maître crucifié publiquement, était désormais vivant. Pour d’autres, ils n’étaient qu’une secte issue du judaïsme, plus étrange encore, plus séparatiste. Pour d’autres enfin, ils formaient un groupe de gens dérangés, mentalement instables, racontant des choses insensées tout en cherchant à en convaincre le monde.
Et pourtant, il arrive que Dieu dépose la vérité sur les lèvres mêmes de ceux qui la rejettent. Le grand prêtre, qui haïssait Jésus, se retrouva à proclamer, bien au-delà de ce qu’il comprenait, la profondeur de la mort substitutive : « Il est avantageux qu’un seul homme meure pour toute la nation. » Pilate, sans le savoir, fit inscrire au-dessus de la tête du Crucifié : « Roi des Juifs. » Les soldats romains eux-mêmes, témoins de l’eclipse, du tremblement de la terre et des signes terrifiants qui accompagnèrent sa mort, s’écrièrent : « En vérité, cet homme était le Fils de Dieu. »
Il fut de même avec le nom de « chrétien. »Un jour, dans la capitale de la Syrie, des païens observaient. Ils regardaient de près. Ils scrutaient les gestes, les paroles, les silences.
Parmi eux se trouvait Luc, médecin, observateur attentif, futur historien, originaire de la même ville. Il guettait le moindre mouvement de ses voisins. Il les voyait se rassembler en petits groupes, murmurer dans les rues, au marché, autour des repas. Et peu à peu, un mot naquit sur leurs lèvres : « Ces gens-là sont des chrétiens. » Ils vivent à la manière de Christ, leur maître. On dirait de petits Christs.
Le mot était grec, et ils parlaient grec. Kristos signifiait « l’Oint ». Ils disaient : ces hommes et ces femmes portent une onction semblable à celle de l’Oint Ultime qu’ils proclament. Une onction qui libère les pauvres, qui relève les opprimés, qui ouvre les yeux des aveugles et annonce l’année de la faveur de Dieu.
Lorsque ces choses s’accomplissaient dans la vie de ceux qui entraient en contact avec les disciples de Jésus, les gens murmuraient : « Les voici, les petits oints. »
Ils vivaient une vie à part comme des « oints ». Consacrés. Séparés pour une mission précise. Séparés du monde, mais donnés au monde. Séparés pour Dieu, afin de Le représenter, remplis de la puissance du Saint-Esprit et armés de l’Évangile.
Un nom avait enfin été trouvé. Un nom qui leur convenait : des chrétiens.
Lorsque nous lisons le livre des Actes, nous découvrons une Église profondément habitée par la présence du Saint-Esprit. La communauté chrétienne primitive ne se contentait pas de croire certaines vérités doctrinales ; elle reproduisait concrètement la vie du Christ par la puissance de l’Esprit. Pour Luc, auteur des Actes, la Pentecôte n’était pas un événement secondaire mais l’accomplissement du ministère messianique de Jésus : baptiser son peuple du Saint-Esprit. L’Église apostolique apparaît ainsi comme une communauté eschatologique et pneumatologique, consciente de vivre dans la puissance du monde à venir.
Les spécialistes du Nouveau Testament soulignent combien cette conscience de l’Esprit distinguait radicalement les premiers chrétiens. Gordon Fee observe que l’Église primitive était avant tout composée de « gens de l’Esprit ». L’Esprit n’était pas une simple doctrine ni un appendice théologique, mais la réalité centrale de l’existence chrétienne. Les croyants expérimentaient sa présence de manière dynamique : dans la prière, la mission, les miracles, la sainteté et la communion fraternelle. La foi chrétienne était alors marquée par une spontanéité missionnaire et une vitalité surnaturelle qui donnaient à l’Église son caractère profondément revivaliste.
« Je pense qu’il est juste de noter que s’il y a une chose qui différencie l’Église primitive de son équivalent du XXᵉ siècle, c’est le niveau de conscience et d’expérience de la présence et de la puissance du Saint-Esprit. Demandez aujourd’hui à un certain nombre de personnes, provenant de tous les secteurs de la chrétienté, de définir ou de décrire la conversion chrétienne ou la vie chrétienne, et la caractéristique la plus remarquable de cette définition serait son absence générale d’accent sur le rôle actif et dynamique de l’Esprit. » [1]
C’est exactement l’inverse dans le Nouveau Testament. L’Esprit n’est pas un simple ajout. En effet, il est le sine qua non, l’ingrédient essentiel de la vie chrétienne. Il n’est pas non plus un simple élément théologique ; il est plutôt expérimenté comme une présence puissante dans leur vie. Quoi que l’on puisse dire de l’Église primitive, elle était avant tout composée de gens de l’Esprit.
Il ajoute
« Ce que nous devons comprendre, c’est que l’Esprit était l’élément principal, l’ingrédient primordial, de cette nouvelle existence. Pour les premiers croyants, il ne s’agissait pas simplement d’être sauvés, pardonnés, préparés pour le ciel. C’était avant tout recevoir l’Esprit, entrer dans l’âge à venir avec puissance » [2]
Pourtant, ce feu spirituel ne demeura pas intact. Au fil des siècles, l’Église connut un lent refroidissement intérieur.
Dans le prochain article nous verrons deux forces majeures qui contribuèrent à ce déclin : l’hellénisation progressive du christianisme et la décadence morale du monde environnant.
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[1] Gordon D. Fee, Gospel and Spirit: issues in New Testament hermeneutics, (Peabody, Hendrickson Pub. 1991) 111-114.
[2] Ibid.

NIKIZA Jean-Apôtre est né de nouveau en 1997 et appelé au ministère en 2005. Il est pasteur, enseignant, conférencier et écrivain. Il est fondateur du blog Sa Bannière depuis 2018, du mouvement biblique Green Pastures depuis 2015 et co-fondateur de Little Flock Ministries. Il est passionné par la spiritualité chrétienne et le renouveau de l’Eglise. Marié à Arielle Trésor NIKIZA, ensemble ils sont pionniers du mouvement des Hédonistes chrétiens au Burundi. Ils ont trois enfants : NIKIZA Thaïs Garden, REMESHA Nik-Deuel Trésor et KAMUTIMA Bliss Liora.
NIKIZA Jean- Apôtre est auteur des livres comme:
Vous pouvez le contacter directement sur nikiza@littleflockministries.org ou (+257) 76 78 05 29
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