Un homme que Luther respectait assez pour l’appeler, le martyr protestant.
Beaucoup connaissent Martin Luther comme le grand réformateur allemand, le théologien qui bouleversa l’Europe en dénonçant les abus de l’Église médiévale et en redécouvrant la justification par la foi. Pourtant, derrière la figure publique du prédicateur et du polémiste se cachait un homme profondément façonné par la prière. Un homme que Luther respectait assez pour l’appeler, le martyr protestant.
Bien avant que Martin Luther n’affiche ses thèses à Wittenberg, alors que Martin Luther n’était encore qu’un enfant, un puissant mouvement de réveil embrasait déjà Florence, la cité de la Renaissance, entre 1496 et 1498, et l’instrument choisi par Dieu pour en être le héraut fut Jérôme Savonarole.[1]
Né en 1452 à Ferrare, Savonarole fut profondément marqué dès sa jeunesse par la corruption morale de son époque et par les dérives de l’Église Catholique. Dieu avait éveillé le cœur du jeune Savonarole dès l’adolescence. On le voyait marcher seul le long des rives du Pô, chantant et pleurant tout à la fois en méditant sur les péchés de son époque et sur la corruption qui gangrenait l’Église catholique. Très tôt, son cœur fut consumé par une quête de sainteté et un désir ardent de voir Dieu visiter son peuple.
Durant des heures, il demeurait à genoux dans les couloirs du couvent, implorant Dieu avec larmes pour les péchés de son siècle et pour les égarements de l’Église. Plusieurs contemporains témoignèrent de son intense dévotion et de la profondeur presque mystique de sa communion avec Dieu.
Bien qu’il restât moine, ses supplications et sa vie entièrement tournée vers Dieu préparèrent silencieusement la voie de la Réforme. Martin Luther, plus tard, le surnommera d’ailleurs « le martyr protestant ».
À l’âge de vingt-deux ans, Savonarole rédigea un traité, Le Mépris du monde, dans lequel il n’hésitait pas à rapprocher les péchés de son époque de ceux de Sodome et Gomorrhe. Sa soif de Dieu était telle qu'il entra au monastère sans même prévenir sa famille, résolu à chercher le Seigneur dans la prière et le jeûne. Pendant de longues années, il étudia assidûment les Écritures et découvrit que plusieurs enseignements de l’Église s’écartaient de la Parole de Dieu. Sa réforme, toutefois, demeura principalement morale, plus que doctrinale.
Durant huit années, il prêcha contre le péché dans la grande cathédrale de Florence. Les foules accouraient, profondément touchées : les cœurs étaient transpercés, les consciences bouleversées. On entendait des gémissements, des sanglots ; et plusieurs quittaient l’assemblée encore en pleurs. Plus d’une fois, assis dans son stalle durant la messe, il semblait absorbé dans la prière pendant de longues heures, parfois cinq d’affilée ; certains affirmaient même que son visage devenait lumineux, rayonnant d’une clarté presque céleste.
Savonarole avait aussi des dons prophétiques. L’Esprit de Dieu venait sur lui avec puissance : il annonça que le maître de la ville, le pape et le roi de Naples mourraient dans l’année — prophétie qui se réalisa. Durant plusieurs mois, il avertit que Florence serait envahie par des armées franchissant les Alpes. Et, en effet, Charles VIII, roi de France, pénétra en Italie. Savonarole osa alors se rendre à sa rencontre : à deux reprises, il persuada le roi de renoncer à attaquer Florence.
Ce réveil produisit un authentique renouveau moral dans la cité. Mais la cour pontificale — pape, cardinaux et prêtres corrompus, fut saisie de colère en voyant leurs propres péchés dénoncés sans relâche. Ils firent irruption dans le couvent où il résidait, l’arrêtèrent violemment, et Savonarole fut soumis à d’atroces tortures. Il avait annoncé qu’il demeurerait huit ans parmi les Florentins : et en effet, ce laps de temps s’acheva presque exactement le jour de son arrestation.
Finalement, Savonarole et deux de ses compagnons furent conduits sur la place publique, devant une foule immense et silencieuse. Gravement meurtri mais inébranlable, il prononça ses dernières paroles :
« Ne devrais je pas mourir pour Celui qui a tant souffert pour moi ? »
Il entra alors dans une communion si profonde avec Dieu qu’il semblait ne plus percevoir ce qui se passait autour de lui. Le 23 mai 1498, Lui et ses frères furent pendus, puis leurs corps livrés aux flammes.
[1] Trouvez ici les œuvres sélectionnées de Savonarole

NIKIZA Jean-Apôtre est né de nouveau en 1997 et appelé au ministère en 2005. Il est pasteur, enseignant, conférencier et écrivain. Il est fondateur du blog Sa Bannière depuis 2018, du mouvement biblique Green Pastures depuis 2015 et co-fondateur de Little Flock Ministries. Il est passionné par la spiritualité chrétienne et le renouveau de l’Eglise. Marié à Arielle Trésor NIKIZA, ensemble ils sont pionniers du mouvement des Hédonistes chrétiens au Burundi. Ils ont trois enfants : NIKIZA Thaïs Garden, REMESHA Nik-Deuel Trésor et KAMUTIMA Bliss Liora.
NIKIZA Jean- Apôtre est auteur des livres comme:
Vous pouvez le contacter directement sur nikiza@littleflockministries.org ou (+257) 76 78 05 29
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