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La voix des Femmes dans l’Eglise (Part1)

Défense d’un complémentarisme souple

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Les seules personnes qui croient au « complémentarisme souple » sont celles qui y adhèrent. « Les complémentaristes “durs” nous voient comme des égalitaristes qui vont trop loin, et les égalitaristes nous voient comme des complémentaristes qui ne vont pas assez

08 Mars 2026

Un de mes très bons amis, avec une bonne intention, a écrit sur son mur pour montrer que lui et moi sommes la preuve qu’il est possible pour des chrétiens de gérer nos différences de manière sincère et paisible. Nous restons unis sur l’essentiel de l’Évangile, même si nous discutons de questions secondaires, voire tertiaires, tout en gardant un lien fort d’unité chrétienne.

En listant nos différences, j’ai été surpris d’apprendre qu’il pensait que j’étais égalitarien ! Ma réponse aurait demandé une très longue explication. Mais en y réfléchissant, j’ai réalisé que le problème était plus profond qu’une simple confusion sur ma position concernant le ministère des femmes.

Dans cet article, j’explique le complémentarianisme souple « soft » ou modéré  et ses principales nuances. Je sais aussi que, parmi les différentes positions sur le ministère des femmes, c’est celle qui est le plus souvent mal comprise. Quelqu’un disait en plaisantant que les seules personnes qui connaissent le « complémentarisme soft » sont celles qui y adhèrent. « Les complémentariens “durs” nous voient comme des égalitariens qui vont trop loin, et les égalitariens nous voient comme des complémentariens qui ne vont pas assez loin. »

Mais j’ai écrit cet article pour une raison plus noble: donner une voix à certaines femmes appelées à prêcher, enseigner et prophétiser, tout en respectant l’ordre créationel de Dieu.

Dans cet article, vous trouverez une brève définition des deux principales positions sur le ministère des femmes, ainsi qu’une plus longue explication de la troisième position, le « complémentarianisme souple, modéré », avec dix noms des théologiens qui représentent cette dernière dans ses différentes nuances.

A. Positions théologiques principales

1. L’égalitarisme ou « Egalité biblique »

Ce point de vue affirme que les femmes et les hommes reçoivent la même autorité, les mêmes opportunités et les mêmes responsabilités dans le service et le leadership, dans la famille et dans l’Église. Cette position reconnaît que les genres sont différents (homme et femme), mais égaux. Ensemble, dans une relation de soumission mutuelle, ils exercent la même responsabilité pour gouverner la création et servir comme collaborateurs dans l’Église.

Ceux qui tiennent cette position croient que les hommes et les femmes sont égaux dans leurs rôles, y compris dans le mariage et le ministère. La description d’Ève comme « aide » signifie qu’elle vient compléter l’homme et s’unir à lui dans un partenariat égal, et non dans une relation de soumission (Genèse 2.18, 22–24). Dans le mariage, ils croient en la subordination mutuelle.

Les défenseurs de cette position voient, dans les exemples bibliques de femmes servent avec des hommes dans l’Ancien et le Nouveau Testament, la preuve que Dieu veut l’égalité dans les fonctions, et que toute hiérarchie est une conséquence du péché et du monde déchu.

Pour l’Église locale, cela signifie que les hommes et les femmes appelés et équipés par Dieu peuvent exercer n’importe quel rôle dans l’Église. Cela ne veut pas dire que les égalitariens sont des féministes. Parmi les égalitariens évangéliques, on trouve des théologiens et biblistes qui ont beaucoup contribué à la foi évangélique, même en dehors de ce sujet controversé, comme : Gordon Fee, Roger Nicole, Craig Keener, Ben Witherington, F. F. Bruce, N. T. Wright. Si ces noms vous paraissent plus contemporains ajoutons : John Wesley, AJ Gordon, AB Simpson, B.T. Roberts, Frederic Franson

2. Le complémentarisme

Cette position affirme que les hommes et les femmes occupent des rôles distincts, bien qu’également importants, dans le mariage et le ministère. Le dessein de Dieu à la création a des implications pour le mariage et le ministère, appelant les hommes et les femmes à exercer des rôles et des responsabilités complémentaires (1 Co 11.3, 8), et interdisant donc aux femmes certaines pratiques, telles que  l’enseignement au public mixte, le leadership dans le ministère. Dans le mariage, La femme a pour rôle de prendre soin des enfants et de se soumettre intentionnellement et volontairement à la direction de son mari tandis que ce dernier protèe, guide et travaille pour nourrir la famille.

Les complémentariens affirment souvent que Dieu a confié aux hommes un rôle principal de direction, consistant à exercer une autorité aimante et sacrificielle envers les femmes (Ép 5.21–33). Certains interprètent le fait qu’Ève ait été créée à partir du côté d’Adam et nommée par Adam comme un signe de primauté ou de direction, montrant que telle était l’intention de Dieu avant l’entrée du péché dans le monde.

Les complémentariens reconnaissent que Dieu appelle les hommes et les femmes au service dans l’Église, mais qu’il a établi des principes d’ordre pour le culte et le leadership (1 Tm 3.2 ; Tt 1.6). Ils citent la lettre de l’apôtre Paul à Timothée, qui demande aux femmes de ne pas exercer d’autorité sur les hommes (1 Tm 2.11–13 ; Tt 2.3–5). L’implication de ce point de vue pour le ministère dans l’Église locale est que certaines fonctions sont spécifiquement réservées aux hommes.

Cette position a été popularisée par John Piper et Wayne Grudem dans leur livre Recovering Biblical Manhood and Womanhood. Ils ont etabli et promu Council on Biblical Manhood and Womanhood qui a produit Danvers Statement qui explique davantage et plus clairement.

CE QUE LES DEUX POSITIONS AFFIRMENT EN COMMUN

Les perspectives théologiques de l’égalitarisme et du complémentarisme s’accordent pour dire que les hommes et les femmes sont égaux en valeur, en dignité et en essence, car tous deux sont créés à l’image de Dieu et chargés de la responsabilité de gouverner sa création (Gn 1.26–27).

Les deux positions s’accordent également sur le fait que le genre est totalement sans importance en ce qui concerne le salut : nous sommes justifiés par la grâce de Dieu, indépendamment de notre sexe (Ga 3.28). Enfin, les deux reconnaissent que Dieu donne des dons aux femmes et qu’il se sert des femmes dans le ministère envers son peuple et envers le monde.

Les divergences portent toutefois sur les rôles que Dieu attribue aux hommes et aux femmes, en particulier dans le mariage et dans le ministère.

3. ET LE « COMPLÉMENTARISME SOUPLE »?

On observe aujourd’hui de plus en plus de nuances au sein du complémentarisme, ce qui enrichit la réflexion théologique. Les complémentariens ne sont pas tous d’accord sur les rôles réservés aux hommes. Certains estiment que les titres d’« ancien », de « overseer/évêque » et de « pasteur » désignent la même fonction et sont réservés aux hommes.

D’autres pensent que le « pastorat » et « l’enseignement » sont des dons accordés aux deux sexes, et que seule la fonction d’ancien/overseer est réservée aux hommes, distinguant ainsi les dons spirituels des fonctions ecclésiales. Ces théologiens sont souvent appelés « complémentariens « souples » par le monde évangélique au sens large.

Étant donné que l’évangélicalisme américain a tendance à se considérer comme détenteur d’un monopole de la vérité et à imposer son cadre dans ce débat, j’ai essayé de vous présenter différents noms issus de la recherche théologique britannique, australienne et française afin d’offrir une perspective plus large. Je présenterai chaque auteur avant de mentionner brièvement en quoi consiste la « souplesse » de son complémentarisme.

B. Dix théologiens sur le complémentarisme souple

1. J. I. Packer

Théologien britanno-canadien, né à Gloucester en juillet 1926, il est décédé en 2020. Il était un érudit formé à Oxford, ministre anglican ordonné, professeur, bibliothécaire, chercheur et écrivain. Jusqu’à sa mort, il occupait la chaire de théologie du Board of Governors au Regent College de Vancouver. Il était mondialement reconnu comme l’un des théologiens les plus influents du XXᵉ siècle.

Bien sur que JI Packer n’a jamais soutenu l’ordination d’une femme à l’office du presbytère. Il prend néamoins le soin de definir en quoi ca consiste : « Les anciens sont des personnes d’expérience dont l’autorité spirituelle a été reconnue par l’Église. »

Il croyait que puisque l’autorité réside avant tout dans la Parole de Dieu elle-même, et non simplement dans la personne de l’enseignant, les dons de prédication et d’enseignement des femmes devraient être pleinement mis en valeur, pourvu qu’ils s’exercent d’une manière qui soutienne le ministère pastoral ou s’inscrive sous la supervision d’un ministre masculin.

Est-il approprié pour une femme qui exerce un tel ministère de prêcher ? Puisque l’autorité réside dans la Parole de Dieu plutôt que dans les prédicateurs et les enseignants, qu’ils soient hommes ou femmes, je suis d’avis que les dons de prédication et d’enseignement d’une femme peuvent être pleinement utilisés dans des situations où un ministre homme est responsable, et où le ministère de la Parole exercé par la femme a pour effet de compléter et de soutenir sa propre prédication et son enseignement.


J I. Packer faisait partie de ceux qui estimaient que Paul, en 1 Timothée 2.12, n’interdisait pas tout enseignement aux femmes. Selon lui, Paul prohibait spécifiquement l’exercice d’une autorité de direction (headship) des femmes sur la communauté chrétienne. Il rejoint ainsi un nombre croissant de chercheurs qui considèrent que 1 Timothée 2.12 n’est pas une interdiction universelle faite aux femmes, mais une instruction particulière pour le contexte apostolique. Ce passage ne devrait donc pas être compris comme un commandement direct et universel valable pour tous les temps.

Selon Packer, « l’enseignement autrefois » était caractérisé par un représentant apostolique autorisé (comme Timothée), chargé de transmettre à l’Église l’enseignement non écrit des apôtres, ainsi que les Écritures de l’Ancien Testament. Une tâche d’une telle importance requérait une forme particulière d’autorité personnelle (probablement fondée sur une recommandation apostolique), impliquant un discernement attentif dans l’usage de ces sources de révélation.

En revanche, « l’enseignement aujourd’hui » ne requiert plus ce type d’autorité personnelle, puisque, dans cette période de l’histoire, un canon complet a été transmis à une Église largement lettrée. Cette Église est en grande partie capable de suivre l’enseignement public et d’en juger la fidélité par elle-même, à la lumière de la Parole divinement révélée.

En distinguant ainsi entre « l’enseignement d’autrefois » et « l’enseignement d’aujourd’hui », Packer en est venu à conclure que l’interdiction de la prédication et de l’enseignement des femmes ne s’applique pas nécessairement de manière universelle. Nous ne sommes pas tenus de considérer que l’apôtre l’a formellement interdit si, dans nos contextes ecclésiaux, il est jugé bon que des femmes prêchent et enseignent.

Alors qu’il y a ceux qui disent que des femmes ordonnées pasteurs bruleront en enfer, JI Packer répond avec humilité et conviction comme d’habitude :

Dieu a béni le ministère de femmes ordonnées. Cela ne prouve-t-il pas la justesse de leur rôle presbytéral? Pas nécessairement. Dieu a déjà béni son peuple par le passé à travers des arrangements intrinsèquement inappropriés, et il se peut qu’il le fasse encore aujourd’hui. Sa miséricorde dans la pratique ne tranche pas les questions de principe, pas plus que ne le font des votes majoritaires. Conclure que l’usage que Dieu fait de femmes presbytres montre qu’il les veut à cette fonction ne découle pas logiquement de ces faits.

2. John Dickson

John Dickson est auteur, historien et ministre anglican ordonné à Sydney. Il est Distinguished Fellow au Ridley College, chargé de cours en origines chrétiennes à l’Université de Sydney, et a été chercheur invité (2017–2020) à la Faculté des lettres classiques de l’Université d’Oxford. Son livre Hearing Her voice : A case for women giving sermons constitue une des rares défense solide du complémentarisme souple.

Dickson abonde dans le même sens que J. I. Packer.

« Mon argument est simple. En 1 Timothée 2.12, Paul restreint l’“autorité d’enseignement” dans l’Église à certains anciens masculins de confiance. À mon sens, cela est difficilement évitable (malgré de bons arguments contraires avancés par mes amis égalitariens). Mais la discussion ne s’arrête pas là : nous ne pouvons pas simplement supposer que 1 Timothée 2.12 se réfère à ce que nous appelons aujourd’hui des “sermons”. Deux autres éléments doivent être pris en compte.
Premièrement, Paul distingue explicitement “l’enseignement” des autres formes de prise de parole dans l’Église. En Romains 12.4–8, par exemple, Paul mentionne “l’enseignement”, “la prophétie” et “l’exhortation”, et précise qu’ils sont “différents” (diaphoros).
Deuxièmement, il est clair que Paul s’attendait à ce que des femmes “prophétisent (et prient)” dans l’assemblée (1 Co 11.5). Il en résulte qu’il existe au moins trois types distincts de ministères de la parole dans l’Église, et que la restriction de 1 Timothée 2.12 ne concerne que l’un d’entre eux.
La question évidente, à double détente, est la suivante : qu’est-ce que “l’enseignement”, et comment savons-nous que tous les sermons d’aujourd’hui relèvent de cette catégorie, plutôt que de celles de la “prophétie” ou de “l’exhortation” ? Dans Hearing Her Voice, j’expose les éléments montrant que “l’enseignement” (dans les lettres de Paul) renvoie à une tâche spécifique qui ne s’identifie pas facilement à l’explication des Écritures. “Enseigner”, c’est transmettre et protéger — j’aime employer l’expression “poser les fondations” — le noyau du corpus doctrinal apostolique.
“L’exhortation”, en revanche (et peut-être aussi la “prophétie”), se rapproche davantage de ce que sont nombre de nos sermons aujourd’hui : exhorter le peuple de Dieu à faire confiance à l’enseignement des Écritures et à lui obéir. Si cela est juste, il serait inapproprié de réserver tous les sermons du dimanche aux hommes. L’“autorité d’enseignement” dans l’Église locale peut relever d’anciens reconnus, mais cela ne signifie pas que des femmes de confiance ne devraient pas aussi prêcher des sermons qui nous exhortent, par la puissance de l’Esprit, à obéir au message des Écritures. »

À ceux qui estiment que cette compréhension du « sermon » appauvrit la prédication biblique, Dickson répond:

« Je crois que la Bible est la Parole de Dieu. Expliquer la Bible est donc un acte saint, et l’appliquer aux cœurs par la puissance de l’Esprit est source de transformation. Le fait que je pense que Paul aurait qualifié nombre de nos sermons d’“exhortation” plutôt que d’“enseignement” — et qu’il aurait donc volontiers invité des femmes à prêcher certains sermons — ne signifie pas que je dévalorise le ministère de la chaire. »

3. Craig Blomberg

Blomberg est un spécialiste du Nouveau Testament. Il a obtenu son doctorat en Nouveau Testament à l’Université d’Aberdeen, en Écosse, avec une spécialisation sur les paraboles et les écrits de Luc–Actes. Avant de rejoindre la faculté de Denver Seminary, il a enseigné à Palm Beach Atlantic College et a été chercheur à Cambridge, en Angleterre, à Tyndale House.

Ce nom est important dans ce débat pour nous aider à comprendre le sens du célèbre passage de 1 Timothée 2.12, que Blomberg lui-même appelle « peut-être le verset de l’Écriture le plus analysé dans la recherche biblique récente ».

dans son livre  From Pentecost to Patmos (363-65), Blomberg insiste sur le fait que ce passage contient ce qu’on appelle une hendiadys : beaucoup de spécialistes pensent que les deux expressions « je ne permets pas à la femme d’enseigner » et « d’exercer une autorité sur l’homme » forment en réalité une seule idée principale. Sans entrer dans les détails techniques, Blomberg utilise son expertise (même si elle est contestée par certains théologiens comme Andreas J. Kostenberger ) pour montrer que la construction grammaticale permet de comprendre ces deux verbes ensemble.

Autrement dit, Paul ne dirait pas :

« Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme »,

mais plutôt :

« Je ne permets pas à la femme d’enseigner de manière autoritaire, en dominant l’homme ».

Dans son livre From Pentecost to Patmos, Blomberg explique que les versets 11 à 15 de 1 Timothée 2 demandent aux femmes d’Éphèse de ne pas prendre le rôle de direction réservé aux hommes dans l’Église. Les versets 11–12 définissent ce rôle comme un enseignement qui fait autorité.

À première vue, le verset 12 semble interdire deux choses différentes (enseigner et exercer une autorité), mais Blomberg pense que ces deux idées vont ensemble et décrivent une seule fonction.

Il rappelle aussi que:

  • Priscille et Aquilas ont enseigné Apollos (Actes 18.26),
  • des femmes apôtres comme Junia ont forcément enseigné des hommes et des femmes (Romains 16.7),
  • et des femmes diaconesses comme Phoebé exerçaient une autorité déléguée dans l’Église (Romains 16.1–2).
  • Pour Blomberg, ce que Paul interdit aux femmes, ce n’est pas toute forme d’enseignement, mais la fonction officielle d’enseignant qui exerce l’autorité ultime dans l’Église, c’est-à-dire le rôle d’ancien ou de pasteur principal. En résumé, selon lui, l’enseignant ayant l’autorité finale dans une Église locale doit être un homme (pasteur principal, évêque, etc., selon la structure de l’Église).

    En pratique, Craig Blomberg affirme donc que les femmes sont encouragées à servir dans de nombreux ministères, mais que la fonction d’ancien/pasteur principal est réservée aux hommes. Il fait une distinction entre les dons spirituels (que les femmes peuvent exercer) et les fonctions officielles dans l’Église.

    Comme Kathy Keller reprend ses arguments pour défendre sa position, je vais la laisser expliquer et simplifier ces idées avec des mots que nous pouvons tous comprendre. Kathy Keller n’est pas une universitaire, mais une praticienne bien formée théologiquement. Sa défense du « soft complementarianism », en tant que femme, joue un rôle important dans ce débat.

    Mais avant cela, j’aime quand un théologien explique concrètement comment le principe qu’il défend se vit dans son Église. Voici son témoignage, traduit simplement :

    Je fais partie d’une Église de ce type. C’est une petite communauté, avec une équipe pastorale composée d’hommes et de femmes, à plein temps et à temps partiel. Tous lèvent eux-mêmes leur soutien financier, car l’Église reçoit seulement entre 5 000 et 7 000 dollars par mois, et une grande partie sert à aider les personnes très pauvres du quartier.
    Cela nous permet d’avoir une équipe pastorale plus large que ce que la plupart des Églises de notre taille pourraient se permettre, et de faire beaucoup plus de ministère, avec l’aide des membres de l’Église.
    Nous avons un conseil d’Église composé d’hommes et de femmes qui conseillent l’équipe pastorale. Mais une seule personne n’est considérée comme ancien : notre pasteur principal. Son âge, son expérience en tant que fondateur de la mission (qui existe depuis quatorze ans) et ses responsabilités expliquent qu’il soit le seul à porter ce rôle.
    Nous avons aussi plusieurs femmes très douées dans l’équipe, qui servent sous son autorité et bénissent régulièrement l’Église par une prédication solide, biblique et pertinente, tout aussi fidèle que celle des hommes. Le pasteur principal forme déjà un successeur (un homme plus jeune) et travaille chaque semaine avec l’équipe de prédication. Il est très généreux pour laisser les autres prêcher, parfois presque aussi souvent que lui.
    Et nous ne perdons rien dans ce fonctionnement : au contraire, nous sommes régulièrement bénis et interpellés par la prédication des autres membres de l’équipe.
    Rien dans tout cela ne me convainc que nous sommes en train de désobéir à la volonté de Dieu. Si jamais c’était le cas, je crois que Dieu nous pardonnerait d’avoir essayé d’impliquer plus de personnes dans le service de son Royaume plutôt que moins. Mais si nous avions interdit aux femmes de prêcher, et que nous nous étions trompés, combien de bien aurait été perdu ? Combien de personnes n’auraient jamais été touchées par l’encouragement et l’appel de leurs messages ?

    4. Kathy Keller

    Kathy Keller est l’épouse de Tim Keller. Ensemble, ils ont fondé Redeemer Presbyterian Church à New York City en 1989. Kathy Keller y a servi comme assistante directrice de la communication.

    Elle est l’auteure du livre Jesus, Justice, and Gender Roles et co-auteure avec son mari de The Meaning of Marriage.

    Kathy Keller a étudié au Gordon-Conwell Theological Seminary, où elle a rencontré son mari Tim. Elle y a obtenu en 1975 un Master en études théologiques (MATS), avec la mention summa cum laude.

    Au départ, Kathy Keller était égalitarienne. Sa rencontre avec la célèbre auteure et missionnaire Elisabeth Elliot, qui enseignait comme professeure associée à Gordon-Conwell, a profondément marqué sa réflexion. Elisabeth Elliot a donné aux Keller un cours marquant sur « l’expression chrétienne dans la parole, l’écriture et le comportement ». Son enseignement, très différent du féminisme des années 1970, mettait l’accent sur les rôles particuliers que Dieu donne aux femmes. Cela a joué un rôle important dans l’évolution théologique des Keller, et particulièrement de Kathy, qui est passée d’une vision « neutre » du genre à une position complémentarienne.

    Kathy Keller raconte notamment un cours où Elisabeth (« Betty ») Elliot a rappelé qu’elle avait une meilleure connaissance du grec, de l’hébreu et de la théologie que beaucoup d’hommes présents, tout en affirmant que Dieu ne l’avait pas appelée au ministère ordonné. Ce témoignage a fortement remis en question la vision de Kathy Keller sur l’ordination des femmes.

    Cependant, Kathy Keller n’est pas pour autant devenue une complémentariste « rigide » ou stéréotypée. Elle a gardé un esprit critique. Elle a écrit un petit livre, Jesus, Justice, and Gender Roles, que je pense utile pour toutes les femmes (et jeunes filles) qui s’intéressent à ce débat.

    Keller dénonce clairement les injustices commises envers les femmes dans certaines Églises réformées. Elle affirme que le refus d’ordonner des femmes n’est pas en soi une injustice, mais que les marginaliser en est une. Elle critique les règles non bibliques imposées dans certaines Églises (par exemple interdire à une femme d’enseigner à des garçons au-delà d’un certain âge, ou obliger une femme responsable de groupe mixte à être toujours accompagnée d’un homme). Pour elle, ce sont des traditions humaines qui vont au-delà de l’Écriture et qui tombent sous la critique de Jésus lorsqu’il parle des « traditions des hommes » (Marc 7.8).

    Concernant 1 Timothée 2.12 (« Je ne permets pas à la femme d’enseigner ni d’exercer une autorité sur l’homme »), l’interprétation de Kathy Keller s’appuie fortement sur celle de Craig Blomberg. Elle soutient qu’il y a ici une hendiadys : Paul n’interdit pas deux choses (enseigner et exercer une autorité), mais une seule réalité, à savoir un enseignement qui exerce une autorité officielle. Selon elle, le seul type d’enseignement interdit aux femmes est celui qui relève du rôle d’ancien : un enseignement qui tranche de manière finale entre la vérité et l’hérésie et qui est lié au pouvoir disciplinaire de l’Église.

    Keller affirme donc que, même si les femmes ne doivent pas être ordonnées comme anciens, elles devraient pouvoir faire « tout ce qu’un homme non ordonné est autorisé à faire ».

    Concrètement :

  • si un homme non ordonné peut prêcher devant toute l’Église, une femme devrait aussi pouvoir le faire ;
  • si un homme non ordonné peut diriger des hommes dans l’Église, une femme devrait aussi pouvoir le faire.
  • Pour Keller, la vraie limite est l’ordination, qui est réservée aux hommes. En dehors de cela, exclure les femmes de l’enseignement et du leadership auprès des hommes est une forme de désobéissance et d’injustice.

    Selon elle, toute restriction du ministère des femmes en dehors de la question de l’ordination est une limitation injuste et pécheresse. Les femmes doivent pouvoir enseigner et diriger des hommes dans l’assemblée, sinon une injustice réelle est commise dans l’Église.

    5. Andrew Wilson

    Andrew Wilson (PhD, King's College London) est pasteur enseignant à King's Church London et chroniqueur pour Christianity Today. Il est l’auteur de plusieurs livres, dont Remaking the World, Incomparable et God of All Things.

    Si jamais vous voulez me faire plaisir, achetez-moi son livre : Spirit and Sacrament (Zondervan).

    Un jour, John Piper a publié un article qui a choqué beaucoup de monde.

    On a demandé à John Piper si les femmes pouvaient prêcher des sermons, même sous l’autorité des anciens hommes. Selon lui, c’est une contradiction avec la direction masculine, et non une extension de celle-ci. Il a repondu :

    Une femme qui enseigne des hommes avec autorité — semaine après semaine, toutes les deux semaines, ou régulièrement dans une classe d’école du dimanche pour adultes —, même sous l’autorité des anciens, n’est pas sous l’autorité du Nouveau Testament. Elle peut être sous l’autorité des anciens, mais pas sous l’autorité du Nouveau Testament. Et ce serait pareil pour ceux qui la placeraient dans cette situation.

    Andrew Wilson y a répondu, et je partage ici ses propos d’abord pour sa crédibilité académique et pastorale, mais aussi pour aider mes lecteurs à comprendre le soft complementarianism :

    Prêcher un sermon dans une Église locale n’est pas la même chose qu’« enseigner ». Dans de nombreux contextes modernes, ces deux notions peuvent sembler identiques, mais bibliquement, ce n’est pas forcément le cas.
    Toutes les prises de parole publiques dans les Églises du Nouveau Testament n’étaient pas considérées comme de l’« enseignement » : elles pouvaient être un « mot d’exhortation » (comme le sermon de Paul à Antioche de Pisidie ou la lettre aux Hébreux – Actes 13.15 ; Hébreux 13.22), de la « prophétie » (1 Corinthiens 14, parler aux gens pour les édifier et les encourager), de l’évangélisation (comme John Piper l’a souligné ailleurs), ou encore un « mot de sagesse » ou un « mot de connaissance » (1 Corinthiens 12).
    Il n’y a aucune interdiction dans le Nouveau Testament empêchant les femmes de donner des mots d’encouragement, de sagesse ou de connaissance, ou de prêcher l’Évangile. Nous savons aussi que les femmes prophétisaient dans l’Église du Nouveau Testament (Actes 2.17 ; 21.9 ; 1 Corinthiens 11.2–16, etc.).
    Interdire à quelqu’un d’« enseigner » n’est donc pas nécessairement la même chose que l’empêcher de prêcher l’Évangile, de donner un sermon ou de s’adresser à l’Église pendant une longue période à partir de la Bible.

    Il est parfois fascinant de voir à quel point certains complémentariens rigides, qui ne reconnaissent pas ces nuances, se perdent dans des contradictions. Michael Bird s’en moque dans son livre Bourgeois Babes, Bossy Wives, and Bobby Haircuts: A Case for Gender Equality in Ministry.

    Bird explique :

    Certains complémentariens permettent à une femme d’enseigner des hommes indirectement, par des livres, la radio ou internet, mais pas en personne. Une femme peut écrire un commentaire sur Hébreux destiné à des hommes, mais ne peut pas prêcher ou enseigner Hébreux aux hommes. Elle peut être présidente, première ministre, PDG, générale ou policière, mais pas pasteure. Une femme peut enseigner le français ou le piano à des hommes, mais pas la Bible ou la théologie. Elle peut enseigner la Bible et la doctrine à des hommes non croyants, mais pas à des hommes chrétiens.
    Le problème est que certains complémentariens se basent sur la Genèse et l’ordre de la création pour montrer qu’une femme ne devrait pas avoir d’autorité sur un homme, mais n’appliquent cette restriction qu’à l’Église ou au culte dominical. C’est comme dire qu’il est acceptable de commettre l’adultère tant que ce n’est pas le dimanche ou dans l’Église, ou tant que c’est avec un non-croyant. Si c’est vraiment contraire à l’ordre créé par Dieu pour qu’une femme ait autorité sur un homme, alors cette règle devrait s’appliquer dans toutes les sphères de la vie : affaires, gouvernement, politique, service civil, ou Église. Dieu est souverain sur toutes les institutions et sur toute la vie.

    6. Sam Storms

    Ce nom est bien connu dans les milieux réformés académiques aux États-Unis. Bien sûr, dans les cercles réformés charismatiques, il perd un peu de popularité. Je ne connais pas de théologien contemporain qui ait la passion de toujours marier l’amour de la Parole de Dieu et celle de la puissance du Saint-Esprit, le tout dans l’Église locale, autant que Dr Sam Storms. Il est hédoniste chrétien, ami proche de John Piper, mais Sam Storms a enseigné sur le Saint-Esprit et ses dons spirituels bien plus fréquemment que John Piper.

    Sam Storms a obtenu son PhD à l’University of Texas at Dallas en Histoire intellectuelle, et a consacré sa thèse doctorale à Jonathan Edwards. Il est fondateur et président de Enjoying God Ministries, membre du conseil de The Gospel Coalition, et ancien président de la Evangelical Theological Society. Il a également été professeur invité en théologie à Wheaton College. Sam Storms est l’auteur ou l’éditeur de 37 livres et est rédacteur en chef de la ESV Men’s Devotional Bible (Crossway). Il a aussi servi comme pasteur principal à Bridgeway Church à Oklahoma City pendant 14 ans.

    Je crois que la grande contribution du Dr Sam Storms dans cette discussion réside dans son traitement d’Éphésiens 4. En tant que réformé charismatique, Sam Storms commence par remettre en question l’interprétation traditionnelle de ce passage, qui est souvent considéré comme décrivant des offices plutôt que des dons spirituels :

    Contrairement à ce que beaucoup dans le monde charismatique croient, il n’y a rien dans ce texte qui nous amène à conclure que Paul identifie cinq offices spécifiques ou positions gouvernementales. On entend souvent parler du soi-disant « ministère pentadique » dans Éphésiens 4:11. Mais partout ailleurs où Paul énumère les dons spirituels (comme la prophétie, l’enseignement, l’évangélisation, etc.), il mentionne simplement certains dons représentatifs. Il aurait tout aussi bien pu mentionner ici la miséricorde au lieu de l’enseignement, ou les langues au lieu de la prophétie, ou l’aide au lieu de l’évangélisation. Ces cinq noms désignent des personnes qui ont été bénies d’un don particulier, et non une position d’autorité dans l’Église locale. Bien sûr, les apôtres sont d’un ordre différent et exerçaient une autorité sur les Églises.

    Puis il revient sur la relation entre « pasteur » et « enseignant » :

    Certains insistent pour dire que les noms « pasteur » et « enseignant » forment un seul don, et traduisent donc par « pasteur-enseignant ». L’argument provenant du texte grec est que chacun des quatre premiers noms a l’article défini (« le ») qui le précède, mais que l’article défini est absent pour « enseignants ». Certains insistent pour dire que lorsque deux noms pluriels, reliés par kai (« et »), n’ont qu’un seul article défini, on doit les comprendre comme étroitement liés ou se chevauchant en sens. D’autres spécialistes du grec ne sont pas d’accord. Il semble qu’il n’y ait pas de consensus. Certains prennent également le kai comme explicatif ou appositionnel et le traduisent par « c’est-à-dire », donc « pasteurs, c’est-à-dire enseignants » (identifiant ainsi les deux).

    Dan Wallace, le premier grammairien grec évangélique, estime que dans une construction de ce type, le premier nom est un sous-ensemble du second. En d’autres termes : « tous les pasteurs doivent être enseignants, mais tous les enseignants ne sont pas pasteurs ». Cela a beaucoup de sens, car il est difficile d’imaginer qu’une personne puisse guider ou paître spirituellement des gens si elle ne sait pas enseigner. Mais un enseignant n’est pas forcément quelqu’un qui paît ou qui exerce la fonction de pasteur. Peut-être faisons-nous une distinction trop fine entre ces deux dons. Il est possible qu’une personne ait le don de pastorat sans avoir le don d’enseigner. Rien dans le Nouveau Testament n’exclut cette possibilité.

    Quoi qu’il en soit, même si l’on considère que Paul ne parle que de quatre dons, le « pasteur-enseignant » reste un don spirituel, et non un office ou une position d’autorité gouvernementale. Bien sûr, un « pasteur » ou « pasteur-enseignant » peut également être nommé à l’office d’ancien ou d’évêque, mais rien ne nous oblige à croire que tous les « pasteurs » ou « pasteurs-enseignants » doivent nécessairement être des anciens.

    Sam Storms soutient que le pastorat est un don, et non un office autoritaire dans l’Église. Bien que tous les anciens doivent avoir le don de pastorat, cela ne signifie pas que tous les « pasteurs » doivent être des anciens. Après avoir examiné brièvement les textes bibliques qui utilisent la terminologie de « pasteur », il conclut :

    Il est logique que tous les anciens soient, en un certain sens, des pasteurs. Mais rien dans la façon dont ce verbe est utilisé ne devrait nous amener à croire que tous les pasteurs doivent être des anciens. Aucun texte n’affirme cela.

    Parce qu’un pasteur n’est pas la même chose qu’un ancien, et parce que le pastorat n’est pas un office d’autorité, Storms soutient que les femmes peuvent être dotées du don de pasteur et servir dans l’Église locale. Il conclut :

    En résumé, rien dans le Nouveau Testament n’indique que le don spirituel de pastorat, contrairement à l’office d’ancien, soit spécifique à un genre. Le Saint-Esprit peut accorder ce don aux hommes comme aux femmes. Je crois donc qu’on peut continuer à embrasser un complémentarisme bibliquement fondé tout en parlant de certaines femmes comme « pasteures » dans l’Église locale.
    Considérons la situation à Bridgeway Church, où je sers. J’ai un jeune homme qui pastore la jeunesse de notre congrégation. Il est incroyablement doué : il guide, encourage, prie pour eux, les aime et prend soin avec tendresse de leur bien-être spirituel. Mais il n’est pas un ancien (même s’il le deviendra probablement un jour). Ne devons-nous pas l’appeler « pasteur » ? N’est-il pas le berger de notre jeunesse ? Personne dans l’Église ne pense qu’il exerce une autorité sur tout le troupeau simplement parce qu’il est appelé « pasteur ».
    Il en va de même pour notre pasteur du culte, ainsi que pour le pasteur qui supervise le discipulat et nos groupes communautaires. Ils remplissent tous les responsabilités confiées à une personne dotée du don spirituel de pasteur, mais ne sont pas encore des anciens. Ils savent tous, comme notre pasteur jeunesse, que l’étendue de leur autorité et responsabilité est limitée.

    7. Alfred Kuen

    Alfred a été professeur à l’Institut Biblique Emmaüs en Suisse pendant 40 ans. Il est devenu président de l’Association d’Accréditation Européenne des Écoles Bibliques, puis directeur des éditions Emmaüs. C’était un bibliste méticuleux et l’auteur le plus prolifique de la francophonie protestante européenne. Il a été le maître d’œuvre de la « transcription dynamique de la Bible » Parole Vivante (1976) et un contributeur décisif à la traduction de la Bible du Semeur (1992).

    J’ai connu Alfred Kuen dans ma jeunesse par ses écrits et publications Emmaus. Il était non seulement passionné par la Bible, mais aussi par la pédagogie biblique. J’ai eu le privilège de savourer ses livres, qui m’ont orienté depuis mon adolescence dans la théologie biblique. Il n’a eu de cesse de développer des outils de formation et de diffusion de la doctrine, principalement par les livres, mais aussi par l’enseignement.

    Son livre : La Femme dans l’Eglise, est fort utile.

    Dans l’Ancien Testament, les femmes ont joué un rôle inférieur à celui des hommes, mais Dieu a utilisé certaines d’entre elles pour des missions importantes, comme conduire le peuple ou transmettre ses messages, même lorsqu’il y avait des hommes capables. C’est le cas de Houlda, consultée par le roi et le prêtre à l’époque où Jérémie et Sophonie exerçaient leur ministère. L’exclusion de la femme des ministères de la parole ou de la direction (comme Débora) n’était donc pas un principe immuable.

    Dans le Nouveau Testament, Alfred Kuen démontre comment le comportement de Jésus était libérateur par rapport aux traditions juives qui méprisaient les femmes. Il montre l’importance des femmes qui étaient associées au ministère de Paul, en particulier dans Romains 16 et dans l’épître aux Philippiens.

    Lorsqu’il arrive à 1 Corinthiens, il montre que le don de prophétie était séparé du don d’enseignement, bien que prophétiser contienne une partie d’exhortation et s’exerce publiquement dans le contexte des maisons du premier siècle. Néanmoins, dans ce même chapitre, on voit un principe permanent d’hiérarchie, qui s’applique contextuellement à cette Église de Corinthe.

    La question se pose : comment Kuen concilie-t-il la permission pour les femmes de prophétiser et l’interdiction des femmes d’enseigner et d’exercer l’autorité de 1 Timothée 2:12, sans violer le principe de subordination de la femme aux hommes?

    Selon lui, 1 Timothée 2:12 ne s’oppose pas à un ministère d’enseignement féminin. La compréhension de ce verset demande une bonne définition des mots importants (« enseigner », « autorité ») et du lien grammatical entre les deux parties du verset. Ce que Paul semble interdire à la femme, c’est l’« enseignement d’autorité », celui qui définit ce qu’il faut croire (« Vous avez entendu… mais moi je vous dis ») ou qui énonce des commandements impératifs (comme lorsqu’il écrit : « Je veux que les hommes… Je ne permets pas à la femme… »). De plus, le mot rare qu’il emploie pour « autorité » désigne une autorité dominatrice et usurpée, c’est-à-dire non déléguée.

    Le lien grammatical entre les deux parties du verset semble être celui de l’hendiadys, qui les coordonne de la manière suivante :

    « Je ne permets pas à la femme d’enseigner en prenant autorité sur l’homme. »

    On pourrait donc paraphraser le verset ainsi :

    « Je ne permets pas à la femme de dispenser un enseignement d’autorité en s’arrogeant elle-même son autorité pour enseigner. »

    Avec ces précisions sur le sens des mots, ce verset ne s’oppose donc pas à un ministère d’enseignement féminin, à condition que celui-ci transmette des vérités sous l’autorité des anciens et sur lesquelles les chrétiens sont d’accord.

    Qu’en est-il de la subordination de la femme à l’homme? Alfred Kuen clarifie :

  • La soumission de la femme est enseignée dans la Bible depuis le début.
  • Elle n’est pas liée à une accommodation culturelle ou à une stratégie missionnaire (comme dans Tite 2:4-5 et 1 Pierre 3:1), car Éphésiens 5:22-24 et 1 Corinthiens 11:3 citent des motivations non culturelles.
  • Dans l’Église, la fonction d’ancien (presbyteros) semble réservée aux hommes. Le mot féminin presbytera ne se trouve que dans un seul texte qui parle de façon évidente des femmes âgées (1 Timothée 5:2). Par ailleurs, 1 Timothée 3:11, qui mentionne les qualifications requises des femmes diacres, ne dit rien de correspondant pour les femmes-anciens.
  • Les femmes peuvent être diacres (Romains 12:1 ; 1 Timothée 3:11) et apporter au conseil des anciens et des diacres (parfois appelé aujourd’hui conseil d’Église) une contribution précieuse et une vision différente de la réalité.

    Concrètement, la Bible ne semble donc s’opposer ni à la participation des sœurs à un ministère de la parole dans l’Église — qu’il s’agisse d’exhortation, d’édification, de consolation, ou même d’enseignement sous la responsabilité des anciens (puisque toute prophétie contient une part d’instruction, 1 Co 14:31) —, ni à leur participation au conseil des anciens et des diacres (et diaconesses).

    Cependant, pour respecter les règles générales de subordination réciproque et les restrictions suggérées par les silences de l’Écriture, il ne serait pas conforme aux données bibliques de confier à une femme un ministère d’ancien ou de pasteur.

    8. John Stott

    Il est extrêmement difficile de résumer la vie de John Stott en quelques lignes.

    John Stott (1921‑2011) est né à Londres en 1921 et a été éduqué à Rugby School puis au Trinity College de Cambridge. Il s’est ensuite formé au pastorat à Ridley Hall, Cambridge. Après son ordination en 1945, Stott devint vicaire assistant à All Souls, puis, de manière peu commune pour quelqu’un n’ayant pas encore trente ans, il fut nommé recteur en 1950. Il est devenu recteur émérite en 1975, poste qu’il conserva jusqu’à la fin de sa vie.

    Il fut un pasteur pour les pasteurs, un serviteur de l’Église dans de nombreux pays à travers le monde, et l’auteur de plus de cinquante ouvrages, dont des classiques fondamentaux comme Basic Christianity, vendu à deux millions d’exemplaires et traduit en plus de soixante langues, et The Cross of Christ. En 2005, Time Magazine l’a désigné comme l’une des cent personnes les plus influentes au monde. Billy Graham le qualifiait de « le clerc le plus respecté au monde aujourd’hui », et John Pollock le décrivait comme « en fait le leader théologique de l’évangélisme mondial ». Chaplain de la reine de 1959 à 1991, il fut nommé chapelain honoraire à partir de 1991. Il fut également nommé Commander of the Order of the British Empire (CBE) dans la liste des honneurs de la reine le 31 décembre 2005.

    Bien qu’il ait reçu une formation théologique formelle à Cambridge (études en langues modernes et théologie au Trinity College et formation à Ridley Hall), John Stott est souvent caractérisé par son immense travail autodidacte et sa dévotion à l’étude biblique, pastorale et littéraire, plutôt que par une carrière académique purement universitaire. Il reçut un Doctorat en Divinité Lambeth en 1983.

    Parmi les aspects les moins connus de sa vie, Stott devint un ornithologue autodidacte de renom, ayant observé et photographié quelque 2 500 espèces d’oiseaux.

    Je crois que la position soft complementarian adopte une approche équilibrée sur 1 Timothée 2:12. Je recommende ici vivement son livre Issues Facing Christians Today.

    Les égalitariens insistent souvent sur le caractère historico-culturel de l’Église d’Éphèse et soutiennent que les commandements de Paul ne peuvent pas s’appliquer aujourd’hui. Après tout, qui oserait prétendre que Paul ordonne aux hommes de toujours lever les mains vers le ciel lorsqu’ils prient (v. 8), ou que seule une femme devenue mère peut être sauvée (v. 15) ? La situation particulière de l’Église d’Éphèse explique, au moins en partie, les propos de l’apôtre.

    Les complémentariens, quant à eux, insistent sur le caractère permanent des commandements de Paul. Ils considèrent que Paul fonde ses propos sur Genèse 2 et 3, qui traitent respectivement de l’ordre créationnel et de l’événement de la « chute ». Cela confère aux instructions de Paul une valeur permanente, et non simplement circonstancielle : la femme ne peut enseigner ni prendre autorité sur l’homme (donc exercer un ministère d’autorité) en raison de cet ordre créationnel établi par le Créateur (cf. 1 Co 11:3).

    Néanmoins, John Stott suit une voie médiane : la situation particulière de l’Église d’Éphèse doit être prise en compte, mais l’instruction de l’apôtre a un caractère plus général… qui n’interdit cependant pas forcément l’exercice de ministères féminins. Il faut tenir compte des deux antithèses utilisées par Paul au v. 12 :

    1. S’instruire en silence / enseigner ;
    2. Avec une entière soumission / prendre autorité.
    3. La deuxième antithèse est fondamentale (elle reprend l’enseignement constant de Paul sur la soumission de la femme et le rôle de tête de l’homme), tandis que la première est une expression de la seconde. Ainsi, Stott estime que si l’ordre créationnel entre l’homme et la femme a une valeur permanente, l’interdiction d’enseigner (comme l’exigence du port du voile en 1 Co 11) constitue une expression culturelle, conforme aux pratiques de l’Ier siècle, une expression qui a perdu sa validité aujourd’hui.

      Sur le plan pratique, John Stott plaide pour la participation des femmes au ministère pastoral et à la direction collégiale de l’Église, afin qu’elles puissent exercer tous leurs dons, notamment celui d’enseignement. Mais cet exercice est assorti de la condition suivante : ces femmes doivent être intégrées à une équipe pastorale à la tête de laquelle se trouve un homme.Quand j’ai appliqué cette vision dans une des Églises que je dirigeais, tout le monde s’est écrié : « ÉGALITARIEN ! »

      Stott conclut la discussion en disant :

      Je conclus par quelques évidences fondamentales. Si Dieu accorde aux femmes des dons spirituels (ce qu’il fait), et s’il les appelle ainsi à exercer ces dons pour le bien commun (ce qu’il fait également), alors l’Église doit reconnaître les dons et l’appel de Dieu, offrir aux femmes des sphères appropriées de service, et devrait les “ordonner” — c’est-à-dire les mandater et les autoriser — à exercer le ministère que Dieu leur a confié, du moins dans des contextes d’équipe.
      Nos doctrines chrétiennes de la création et de la rédemption nous enseignent que Dieu veut que les personnes qu’il a dotées de dons puissent s’épanouir et non être frustrées, et que son Église soit enrichie par leur service. »
      (p. 353)

      9. Donald Bloesch (1928‑2010)

      Je ne serais pas surpris si la plupart de mes lecteurs ignoraient ce professeur, du genre de penseurs de la tour d’ivoire. Donald G. Bloesch (Ph.D., University of Chicago) a effectué des postdoctorats aux universités d’Oxford, de Tübingen et de Bâle. Il fut professor of theology emeritus au Dubuque Theological Seminary à Dubuque, Iowa.

      Il a écrit de nombreux ouvrages, notamment la série de théologie systématique en sept volumes, la série Christian Foundations, Evangelical Theology in Transition, Essentials of Evangelical Theology, The Future of Evangelical Christianity, The Struggle of Prayer et Freedom for Obedience. Il a également été président de la Midwest Division de l’American Theological Society.

      Bloesch m’a fait aimer les théologiens néo-orthodoxes, que j’apprécie toujours lire, à travers ses lunettes. Sa dissertation doctorale portait sur l’apologétique de Reinhold Niebuhr.

      Avec le professeur Bloesch, nous revenons sur 1 Corinthiens et l’analogie de la Trinité:

      « Il existe, bien sûr, une véritable subordination — tant dans la Divinité que dans la famille humaine. Le Fils se soumet volontairement au Père pour accomplir un mandat particulier, et le Saint-Esprit vient en aide au Fils et au Père. Il s’agit d’une subordination dans les rôles ou activités, non dans la substance ou l’être. Même ici, il n’existe pas de règle rigide. La Bible donne des exemples de subordination du Père au Fils (Jean 5:22 ; 15:16) ainsi que du Fils au Saint-Esprit (Matthieu 3:16 ; 4:1 ; Marc 1:12). Elle reconnaît également l’égalité du Fils et du Saint-Esprit (Apoc. 22:17) ainsi que celle du Fils et du Père (Jean 5:18‑21 ; Apoc. 3:21 ; 5:13 ; 21:22). Dans sa doctrine de la perichorèse, l’Église affirme que tous les membres de la Trinité participent aux actions des autres. Il existe une certaine priorité du Père dans les modes d’existence au sein de la Divinité, ainsi que dans les manières dont la Divinité se rapporte au monde, mais cela n’implique pas une prééminence ontologique du Père sur le Fils et le Saint-Esprit. »
      De même, il existe une certaine priorité de l’homme sur la femme, mais cela n’indique pas une supériorité en être, mais un appel à assumer un rôle particulier — celui de pourvoyeur et protecteur de la famille. Le rôle de chacun n’est pas une loi de la création qui ne pourrait jamais être brisée, mais une invitation au partenariat dans le service et le ministère.
      « L’homme et la femme, créés pour être partenaires, sont néanmoins libres de définir les détails de leur vocation selon la conduite du Saint-Esprit. Dans la plupart des cas, le mari sera le pourvoyeur principal, et l’épouse jouera un rôle de soutien, certes crucial, comme mère et maîtresse de maison. Mais parfois, l’épouse peut collaborer avec son mari dans le ministère direct (comme Priscille et Aquila). Dans d’autres cas, elle peut recevoir l’appel à un service à plein temps dans l’Église (comme Phoebé ou Junia). Dans certains autres, elle peut assumer un rôle de leadership spirituel sur des hommes (comme Débora et Houlda). Cela ne signifie pas que l’ordre de la création est annulé, car il subsistera toujours des différences physiques et psychiques immuables entre homme et femme. Ces différences n’empêchent cependant pas la femme d’accéder à des positions de leadership dans la société civile ou religieuse, bien que, lorsqu’elle est appelée à un rôle de direction, elle doive exercer ses responsabilités en tant que femme, et non en tant qu’homme. »

      Bloesch souligne également :

      « Bien que la révélation de Dieu nous parvienne sous les formes du patriarcat et de la monarchie, elle renverse en réalité les systèmes patriarcaux et monarchiques qui dominaient les cultures passées. Elle nous introduit à un Dieu dont la paternité contredit l’expérience humaine de la paternité, corrompue par le péché. »
      L’alternative aux idéologies féministes, qui n’admettent aucune subordination, et patriarcales, qui enseignent la subordination comme nécessité naturelle, est un covenantalisme de grâce. Celui-ci unit homme et femme dans un ministère de service, le plus souvent avec l’homme en rôle de leadership et la femme en soutien — non comme une règle imposée d’en haut, mais comme un guide pratique efficace pour l’accomplissement d’une tâche donnée.
      « Homme et femme reçoivent la prééminence dans le Royaume de Dieu, mais cette prééminence dépend de la volonté de chacun de se faire le dernier dans le Royaume » (cf. Matthieu 18:4 ; Marc 10:44 ; 1 Cor. 15:9 ; Eph. 3:8).

      10. Henri Blocher

      Dans le monde évangélique francophone, ce nom n’a pas besoin d’introduction. Les Blocher sont une famille très importante dans l’histoire de l’Église baptiste de France. Madeleine Blocher, sa grand-mère, fut une figure marquante à la fin du XIXᵉ siècle (1881‑1971). Écrivaine influente, elle publia notamment La Cachette.

      Henri Blocher, son petit-fils, devint l’un des théologiens évangéliques les plus influents dans la seconde moitié du XXᵉ siècle. Il a été professeur de théologie systématique à la Faculté Libre de Théologie Évangélique de Vaux-sur-Seine, depuis sa fondation en 1965 jusqu’en 2003.

      Henri Blocher est sans aucun doute l’un des théologiens évangéliques les plus renommés internationalement. Ses écrits ont marqué des générations de chrétiens de tous horizons et de toutes cultures. Il a également occupé la chaire Gunther Knoedler de théologie systématique à la Graduate School of Biblical and Theological Studies du Wheaton College, près de Chicago. Il a reçu le titre de Doctor of Divinity, honoris causa, de deux établissements nord-américains : le Gordon-Conwell Theological Seminary et le Westminster Theological Seminary.

      Comme Donald Bloesch, Henri Blocher estime que Dieu peut parfois susciter des ministères féminins extraordinaires. Selon lui, le régime “ordinaire” réserve aux hommes les ministères de direction dans l’Église. Cependant, Dieu demeure libre de susciter des régimes “extraordinaires”, selon Sa volonté. Débora, dans l’Ancien Testament, et Priscille, dans le Nouveau Testament, en sont des exemples.

      Comment discerner dans la pratique ces ministères « extraordinaires » ? Il faut appliquer les mêmes critères que pour toute vocation : évaluer les dons manifestés par la personne. L’Église reconnaît un ministère parce que la personne est apte à le remplir et montre les dons requis pour cela.

      Ainsi, Blocher rejoint ceux qui disent non aux ministères “ordinaires” pour les femmes, mais oui aux ministères “extraordinaires”. En d’autres termes : non à l’autorité de la femme sur l’homme, mais oui à des ministères d’enseignement et de direction au sein d’une collégialité et sous l’autorité d’un homme.

      C. Un dernier cri…

      Dix noms nous ont aidés à revenir, presque sur les mêmes versets, afin de nous centrer et d’équilibrer nos approches du ministère des femmes parmi nous. Mais souvent, ce que nous recherchons va bien au-delà d’une simple évidence biblique : c’est une délivrance de nos préjugés et stéréotypes, qui nous tiennent prisonniers depuis trop longtemps.

      Alfred Kuen conclut mon article de façon humaine et pastorale, tenant compte des sentiments des filles et des femmes de Dieu, souvent ignorées dans nos débats et piétinées dans nos Églises. Il commence par commenter sur 1 Corinthiens et notre manière de jouer au « cache-cache » avec la vérité.

      Il est vrai qu’il y avait deux versets des épîtres de Paul, mal interprétés, qui semblaient faire barrage au ministère des femmes. Mais pourquoi ces deux versets ont-ils pu contrebalancer des dizaines d’autres, qui allaient dans le sens opposé ? Pourquoi, en particulier, dans la même épître, les conclusions claires du chapitre 11 — qui permettaient à la femme de prier et de prophétiser — ont-elles été neutralisées par le verset du chapitre 14, qui semblait la confiner dans un silence complet ?
      N’y aurait-il pas des raisons autres que théologiques ? Ne serait-ce pas notre peur ancestrale de la femme ? Peur de sa supériorité, qu’évoquait déjà Caton l’Ancien au IIᵉ siècle avant J.-C. lorsqu’il disait : « Dès que les femmes commenceront à être vos égales, elles deviendront vos supérieures » ? Donc, la peur de perdre notre autorité, voire notre identité ?
      Serait-ce, en fin de compte, une question de pouvoir qui a fait peser sur nos sœurs, tout au long des siècles, un poids de suspicion et de mépris, totalement contraire à l’attitude de Jésus et de Paul, engendrant frustrations et souffrances ? Dans un congrès des responsables des Assemblées de Frères d’Allemagne sur ce thème, on avait réservé une soirée aux sœurs pour qu’elles puissent s’exprimer librement. L’une des six femmes sur le podium a demandé à une amie ce qu’elle dirait si elle était à sa place. « Moi, lui a-t-elle répondu, je ne pourrais rien dire, je ne pourrais que pleurer. »
      Un proverbe dit : « Chassez le naturel et il revient au galop. » Le « naturel » s’exprime dans toutes les civilisations païennes par la domination de l’homme sur la femme. Jésus et Paul ont renversé cette conséquence de la chute et rétabli la femme dans la situation que Dieu lui avait assignée lors de la création, afin qu’elle soit le vis-à-vis de l’homme. Mais dès le IIᵉ siècle, le « naturel » est revenu au galop dans l’Église, et il y est resté jusqu’à nos jours.
      Ne serait-ce pas le moment de discerner, dans nos attitudes, ce qui vient de notre être « naturel », c’est-à-dire de ce que la Bible appelle la chair, de le chasser au nom du Christ, et de redonner au Divin Organiste un instrument conforme à Son plan, avec lequel Il puisse faire retentir dans l’Église et dans le monde Son message d’amour ?
      author-prof

      NIKIZA Jean-Apôtre est né de nouveau en 1997 et appelé au ministère en 2005. Il est pasteur, enseignant, conférencier et écrivain. Il est fondateur du blog Sa Bannière depuis 2018, du mouvement biblique Green Pastures depuis 2015 et co-fondateur de Little Flock Ministries. Il est passionné par la spiritualité chrétienne et le renouveau de l’Eglise. Marié à Arielle Trésor NIKIZA, ensemble ils sont pionniers du mouvement des Hédonistes chrétiens au Burundi. Ils ont deux enfants : NIKIZA Thaïs Garden et REMESHA Nik-Deuel Trésor. NIKIZA Jean-Apôtre est aussi connu pour être un lecteur assidu des livres. Les grandes influences qui ont façonné sa vie et le ministère sont: Martyn Lloyd Jones, John Piper et A.W Tozer. Ses passe-temps sont : la musique, le basketball, les films et un bon sommeil.

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