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Ron Kenoly : Mémoire d’une génération

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Ron Kenoly n’a pas seulement façonné notre musique, il a formé notre manière d’adorer Dieu. À travers ses chants, une génération entière au Burundi a appris que la vraie louange naît du cœur et conduit dans la présence du Seigneur.

05 Février 2026

Quel genre de chants écoutes-tu durant tes meilleurs moments de prière ?

Pour moi, l’un de ces chants a toujours été I See the Lord de Ron Kenoly — un chant que j’ai tant aimé que je l’ai même traduit en kirundi. Il y a aussi You Are, qu’il a interprété avec Darlene Zschech.

Comme beaucoup de personnes de ma génération, j’ai grandi en écoutant Ron Kenoly. Ses chants ont profondément marqué notre formation spirituelle, ont accompagné notre vie de prière, façonné notre compréhension de l’adoration et nous ont conduits dans la présence de Dieu.

C’est pourquoi la tristesse a été immense lorsque je me suis réveillé le 3 février et que j’ai appris son décès. Cela m’a touché personnellement, comme la perte d’un père spirituel.

Une génération marquée par la renaissance de l’adoration au Burundi

La génération Z ne comprend pas toujours pourquoi nous sommes si nombreux à publier des hommages à cet homme de Dieu. Ils ont grandi avec Travis Greene ou Maverick City. Ils n’ont pas grandi dans le même contexte que nous. Ils ignorent que nous sommes la première génération au Burundi à avoir été témoins de la résurgence de l’adoration à travers une musique contemporaine moderne.

Nous étions adolescents au début des années 1990 lorsque Ron Kenoly a sorti Lift Him Up en 1992, lorsque Hillsong a publié Shout to the Lord en 1996 puis en 1998. En 1994, Appolinaire, notre apôtre de l’adoration à travers une musique contemporaine, voyage en Angleterre et découvre la musique gospel moderne, fonde Shemeza Music en 1996 et sort son premier album vers la fin des années 90. Nos premiers pas étaient des mimiques de ces derniers.

Il s’agit de cette génération qui a vu jaillir la première étincelle de l’adoration à travers une musique moderne au Burundi, qui tenait Ron Kenoly en très haute estime.

Ron Kenoly, une voix noire dans un paysage majoritairement blanc

À cette époque, nos premières influences étaient principalement caucasiennes : Hillsong, Don Moen, Michael W. Smith ou Paul Baloche, entre autres. C’était bien avant que nous découvrions le R&B gospel des Noirs américains comme Fred Hammond, Smokie Norful, Donnie McClurkin, CeCe Winans, Yolanda Adams ou le duo Mary Mary.

Ron Kenoly occupait une place unique en tant que Noir dans le paysage blanc d’Integrity Music. Il associait les influences blues et jazz de ses débuts musicaux séculiers tout en conservant l’atmosphère sacrée du culte chrétien.

Mais plus encore, Ron Kenoly était un enseignant et un mentor. À travers son ministère et ses vidéos, il nous a appris que l’adoration ne doit jamais être confondue avec une performance musicale. L’adoration vient du cœur. Elle engage toute notre vie. La musique n’est qu’un canal, un moyen pour conduire le peuple de Dieu dans Sa présence lors des rassemblements communautaires.

Bien qu’il n’ait plus besoin d’être présenté, permettez-moi, au moment où nous célébrons sa vie, de le présenter à nouveau.

De la musique séculière à l’appel de Dieu

Ron Kenoly est né le 6 décembre 1944 dans une famille chrétienne. Il a grandi dans un foyer où la musique était omniprésente. Sa mère chantait du gospel, et son père comme ses frères chantaient également. La musique faisait partie de son identité.

Après le lycée, il s’est engagé dans l’armée de l’air américaine, où il chantait dans un groupe de style Top-40. Après son service militaire, il s’est installé à Los Angeles pour poursuivre une carrière musicale. Dans la vingtaine, il a chanté pendant près de sept ans dans des clubs de nuit de la région de Los Angeles.

Il n’a jamais été une superstar, mais il a connu un certain succès, avec des titres diffusés sur les radios séculières. Il a signé avec plusieurs grandes maisons de disques telles que A&M, Warner et United Artists.

La conversion décisive et la consécration au Seigneur

Cependant, ce succès l’a éloigné de la foi de son enfance. Après près de dix ans dans la musique séculière, poursuivant les classements et les contrats, sa vie a pris un tournant décisif.

En 1975, un mercredi matin à 8h30 à Los Angeles, Ron Kenoly a « redonné » sa vie à Christ. Ce moment est devenu le point de bascule de toute son existence. À partir de ce jour, il a su que son don, son appel et son énergie appartenaient entièrement au Seigneur.

La Bible que sa mère lui avait offerte est devenue une source constante d’inspiration pour ses chants.

Persévérance, fidélité et percée avec Integrity Music

Ses débuts dans la musique gospel ont été difficiles. Il a traversé des moments de précarité financière. À certaines périodes, des maisons de disques séculières lui ont proposé de revenir à la musique profane, surtout lorsqu’il traversait des difficultés économiques. Mais il a persévéré et a refusé, choisissant la fidélité plutôt que le confort.

La percée est venue lorsque Don Moen l’a invité à chanter sur des projets d’Integrity Music. À l’époque, Don Moen était producteur chez Integrity Music, un label qui allait devenir l’un des plus influents dans le domaine de l’adoration chrétienne à travers le monde.

Don Moen se souvient encore :

« Je me rappellerai toujours de ma première rencontre avec Ron Kenoly à Jubilee Christian Center à San Jose, en Californie. Il dirigeait la louange, et je l’ai invité, au nom d’Integrity Music, à conduire l’adoration pour un projet Hosanna! Music qui deviendrait Jesus Is Alive. Ce n’était que le début. »

En 1992, Lift Him Up est sorti et a été certifié disque d’or, avec plus de 500 000 exemplaires vendus. Ron Kenoly a ensuite publié plus de vingt albums et influencé des générations entières de “conducteurs de louange”.

Un ministre formé, mentor et ami de l’Afrique

Ron Kenoly était également un homme de formation académique. Il a obtenu un diplôme de musique, un Master of Divinity et un doctorat en ministère de la musique sacrée. Il avait une passion profonde pour la formation et le mentorat.

Son ministère s’est exprimé par le chant, l’enseignement et l’accompagnement spirituel des « worship leaders ». Il aimait profondément l’Afrique. Il a beaucoup servi au Ghana, au Nigeria, au Kenya, en Afrique du Sud, en RDC, au Malawi et au Sénégal, collaborant avec des églises et des chorales locales, et cherchant souvent à chanter dans les langues du peuple.

Un héritage prophétique pour l’adoration au Burundi

Aujourd’hui, sa vie nous interpelle prophétiquement au Burundi. À l’ère de TikTok et de la croissance numérique rapide, l’adoration se décline sous de nombreuses formes. Nous remercions Dieu pour l’adaptation générationnelle de l’Evangile dans de nouveaux genres musicaux, mais nous devons nous demander : adaptons-nous bibliquement ou diluons-nous ? La personne de Christ reste-t-elle centrale ? Et la présence de Dieu notre plus grande préoccupation ?

Que deviendra l’adoration par la musique moderne au Burundi lorsque la première génération inspirée par Ron Kenoly et Appolinaire disparaîtra ?

Lorsque Ron Kenoly fut interrogé sur ce qu’il recherchait chez un « conducteur de louange », il répondit simplement : aimer Dieu, aimer le peuple de Dieu, avoir un caractère pieux et créer des environnements où les gens rencontrent la présence de Dieu.

Voilà l’héritage qu’il nous laisse.

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NIKIZA Jean-Apôtre est né de nouveau en 1997 et appelé au ministère en 2005. Il est pasteur, enseignant, conférencier et écrivain. Il est fondateur du blog Sa Bannière depuis 2018, du mouvement biblique Green Pastures depuis 2015 et co-fondateur de Little Flock Ministries. Il est passionné par la spiritualité chrétienne et le renouveau de l’Eglise. Marié à Arielle Trésor NIKIZA, ensemble ils sont pionniers du mouvement des Hédonistes chrétiens au Burundi. Ils ont deux enfants : NIKIZA Thaïs Garden et REMESHA Nik-Deuel Trésor. NIKIZA Jean-Apôtre est aussi connu pour être un lecteur assidu des livres. Les grandes influences qui ont façonné sa vie et le ministère sont: Martyn Lloyd Jones, John Piper et A.W Tozer. Ses passe-temps sont : la musique, le basketball, les films et un bon sommeil.

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