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Une prose libre, une pensée sérieuse sur Dieu, la Vie et le Néant

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Il arrive parfois que la vie ralentisse brutalement, au point de nous forcer à regarder ce que nous évitions depuis longtemps.

12 Mai 2026

Il arrive parfois que la vie ralentisse brutalement, au point de nous forcer à regarder ce que nous évitions depuis longtemps. Au fait nous passons une grande partie de notre vie à éviter certaines questions comme La fragilité. Le Temps. Le Néant. Dieu. Tant que le corps tient, que la jeunesse court encore dans les veines et que les jours semblent infinis, nous traversons souvent l’existence sans la contempler profondément

Puis un jour, quelque chose se fissure. Et l’homme recommence à penser au Néant, à la beauté, à Dieu, et à cette étrange grâce d’exister. Ainsi sont nés ces fragments que je vous soumets avec humilité, des fragments d’un homme essayant de regarder la vie honnêtement à la lumière du Néant, et plus encore, à la lumière de Dieu.

Partie 1 : Le vertige du Néant…

Les arts, la poésie, l’Histoire, la philosophie… quels enchantements pour mes années de jeunesse. Puis vint la théologie, reine des sciences, passion de ma vie. Sublime passion qui, même au sommet de son rayonnement, me ramène toujours aux anciens sentiers : l’Art, la Poésie, l’Histoire, la Philosophie.

Sinon, pourquoi, au sommet de mes quarante-deux ans, dévoré-je encore les podcasts de Dominique de Villepin comme un lycéen suspendu aux lèvres de son professeur ?

Dernièrement, il parlait d’Albert Camus et de Jean-Paul Sartre. Quel étudiant en littérature n’a jamais été tiraillé entre ces deux géants si proches et pourtant si opposés ?

D’un côté, Camus : l’autodidacte algérien, journaliste incandescent, écrivain du soleil et de l’absurde. De l’autre, Sartre : le grand intellectuel parisien, architecte austère d’un existentialisme sans ciel.

Bien sûr que Sartre avait tort. Tort lorsqu’il affirmait que la vie n’a aucun sens en elle-même. Tort lorsqu’il soutenait que l’existence précède toute essence et que chacun doit, seul, s’inventer une raison d’être. L’Etre and le Néant, cet ouvrage si ravageur, a inoculé dans des générations entières une étrange fatigue de l’âme.

Depuis mes dix-huit ans, j’ai refusé d’acheter cette vision sinistre. Pourquoi commencerais-je maintenant ? Maintenant que la vie me paraît plus chargée de sens que jamais, une autre pensée me poursuit : et si le succès du Néant révélait quelque chose de profondément vrai sur l’humanité ? Car enfin, Sartre, Camus, vous, moi… ne portons-nous pas tous une fracture intérieure ? Ne sommes-nous pas atteints au plus profond de nous-mêmes ? Sérieusement. Gravement. Irrémédiablement, peut-être.

Oui, nous portons en nous tous cette certitude inconsciente de ce moment où quelque chose s’est brisé en nous et où, dès lors, une partie de notre être a commencé à délirer, douter, se rebeller, errer. Le succès du Néant de Sartre ne prouve-t-il pas, au fond, combien l’humanité est désespérément malade de l’absence de Dieu ?

Partie 2 : La vie qui tremble…

Ça faisait un moment que je ne réfléchissais plus à la vie dans toutes ses dimensions, en la confrontant au Néant. Dans un seul mois, j’ai traversé presque tous les états intérieurs. Mon âme s’est élevée dans la contemplation, puis elle a aussi descendu dans des abîmes d’obscurité.

Ma fille Bliss commence à exister. Elle sort du Néant, et comme une fleur, elle éclot devant nous. Et puis, soudain, je tombe malade. Et je regarde la vie dans sa fragilité. La vie comme un don qui peut être repris. Au début, je me plains. Mais n’est-ce pas absurde ?

Un jour, Dieu m’a fait sortir du Néant pour me donner cette existence merveilleuse. Il m’a accordé la possibilité d’être. Et si j’étais resté coincé dans le Néant ? Combien de milliards d’êtres humains que Dieu, dans son omnipotence, aurait-il pu faire exister et qu’Il ne lui pas plu d’amener  à l’existence? Des milliards et des milliards d’êtres humains qui n’existeront jamais…mais qui auraient pu exister…ma pensée s’égare ! Qu’est-ce que Dieu est bon !

Ô Dieu, merci de m’avoir amené à l’existence. Quel miracle.

Mais je souffre indéniablement. Ma femme me dit qu’elle ne m’avait jamais vu dans un tel état. Dans ces moments de faiblesse, la vie continue pourtant de me fasciner.

Riquelme, mon neveu de vingt ans doit s’occuper de moi, me conduire à l’hôpital et m’assister dans les courses. C’est peut-être l’adolescent le plus doux que je connaisse. Dans mon impuissance, je regarde ses bras forts, son énergie, sa vitalité. Et ses tresses lui donnent presque l’allure de ces stars que l’on voit dans les grandes arènes du Basket Ball américain. Je le complimente pour ses tresses qui lui font ressembler à JA Morant, il me répond par son sourire habituel bidon. Il y a 20 ans je le tenais dans mes bras pour le consacrer à Dieu ! Et maintenant, c’est à mon tour de “mettre ma vie entre ses mains”! Impuissant mais heureux, je le regarde conduire. Mais qu’est-ce que Dieu est bon!

Je me sens ridicule de nouveau. Incapable de soulever une tasse, je tremble, je vacille, je souffre. Le corps, le cœur, et même les médicaments semblent s’être ligués contre moi. Tenté de nouveau de me plaindre, Dieu m’ouvre encore une fois les yeux. Je contemple la bonté des gens autour de moi. Leur sollicitude. Leur sacrifice. Leur compassion. Leur attention. N’est-ce pas là un autre miracle que je suis loin de mériter ?  Au milieu de cette foule immense qu’est l’humanité, plus de huit milliards d’âmes sur cette petite planète bleue suspendue dans l’immensité du cosmos, il existe pourtant quelques visages pour lesquels notre existence n’est pas anonyme. Des gens pour qui nous comptons réellement. Des gens qui nous connaissent si bien mais demeurent si attachés à nous avec tendresse.

Néanmoins, plus profondément nous plongeons dans l’obscurité de la souffrance, le cercle se rétrécit davantage…C’est facile de nous décourager. Mais au milieu de ce silence du malade où amertume et regrets peuvent facilement s’entasser, Dieu y apparait parfois pour lever le brouillard du ressentiment. Il l’a fait pour moi. Je réalisai alors que nous passons souvent notre vie à vouloir être remarqués par les foules, ou impressionner le monde alors qu’en réalité, le vrai miracle réside dans une toute petite constellation de fidélités autour de notre existence. Mais eux-mêmes sont soumis aux limites humaines insurmontables. Quand personne n’est plus là, nous commençons alors à comprendre qu’eux-mêmes n’étaient qu’un discret reflet du cœur même de Dieu : un Dieu qui ne connaît pas l’humanité seulement comme une masse, mais qui appelle chacun par son nom. Il est là quand le dernier de notre petite chère constellation, par suite des limites humaines, est parti…. Dieu reste. Qu’est-ce que Dieu est bon !

Partie 3: Et si la fin était plus proche…

Il est deux heures du matin.

Un bruit me réveille. Des voix dans le salon. Un mélange de rires, de discussions, de vacarme étouffé.

Qui sont-ils ?

Mon esprit me joue-t-il des tours ?

J’ai du mal à sortir du lit. Vraiment du mal. Mon corps semble peser plusieurs vies. Je me lève pourtant, lentement, tremblant presque à chaque pas.

Puis j’entends le son d’un film.

Quand j’ouvre doucement la porte du salon, ma vision est d’abord brouillée par la lumière violente du projecteur frappant le grand mur blanc. Peu à peu, les formes apparaissent.

Ma femme et mes deux enfants sont là, installés au milieu des snacks, absorbés par leur soirée pyjama improvisée.

Thaïs, toujours attentionnée, tourne immédiatement les yeux vers moi :

— Papa, ça va mieux ?

— Oui… oui, un peu mieux.

Et soudain je me souviens. J’avais accepté leur demande : passer une nuit entière à regarder des films ensemble. Ils avaient insisté que je me serve du rétroprojecteur sur le mur. On avait fait des courses ensemble pour les snacks…Puis j’étais tombé malade.  Ne voulant pas gâcher leur joie malgré mon état, j’avais demandé à Arielle de rester avec eux.

Alors je referme doucement la porte. Et je retourne au lit.

Puis je recommence à repenser à la vie. À Thais, Douze ans. Deuel, Huit ans.

Impatients de découvrir le monde. Ils sont pleins de vie. Ils mordent chaque instant avec une joie entière, sans encore savoir que la musique finit toujours par ralentir, et que le soleil se couche souvent plus vite qu’on ne l’imagine.

Seul au lit, je me demande si je ne m’approche pas moi-même  du soir de ma vie. Et je revois ma vie en boucle. Est-ce que je vis pour quelque chose qui compte vraiment ? Mon âme va-t-elle sombrer dans le Néant ? Ou suis-je attendu de l’autre côté ? Ai-je vécu pour Celui qui m’a donné l’existence ? L’ai-je connu ? L’ai-je aimé ? L’ai-je servi ? Ai-je été patient, pardonnant, aimable ? Et ma vie a-t-elle été un parfum agréable pour les autres ?

Partie 4 : Je ne mourrai pas, mais je vivrai

Je suis en lente convalescence. Mes forces me reviennent petit à petit. On me félicite d’un petit repas que je viens de finir. On me dit bravo pour quelques marches dans la cour. J’ai envie de crier  « Je ne mourrai pas, je vivrai, et je raconterai les œuvres de l’Éternel » (Psaume 118:17). Ma sensibilité théologique m’arrêté un moment. Que veut réellement dire ce verset ? Comment puis-je m’en servir pour louer Dieu, sans en tordre le sens ?

Dans des moments de faiblesse, ce verset est souvent pris comme une déclaration contre la mort prématurée, ou comme une promesse de protection et de prospérité. Mais en y entrant plus profondément, j’ai compris qu’il dit quelque chose de plus exigeant, et en même temps de plus libérateur. Vivre longtemps ? Oui, dans l’Ancienne Alliance, la longue vie apparaissait souvent comme une bénédiction. L’obéissance à Dieu était associée, de manière générale, à la stabilité et à la durée de vie dans le pays promis. Mais même là, ce n’était jamais une règle absolue.

Des justes sont morts jeunes. Abel a été tué trop jeune. Josias est tombé au combat malgré sa fidélité. Les prophètes ont souffert, parfois jusqu’à la mort.

Et surtout, la pleine lumière sur la résurrection et la vie après la mort n’était pas encore donnée. Mais Sa révélation apparaît progressivement : Job confesse qu’il verra Dieu après sa mort. David parle de l’assurance que son âme ne sera pas abandonnée. Daniel annonce clairement la résurrection.

Tout cela prépare une venue, une révélation plus grande : celle de Christ.

Avec Jésus, le centre de gravité change. Il vint, vainquit la mort, ressuscita d’entre les morts, et devint les prémices de tous ceux qui croiront en Lui qui ressusciteront en Lui et par Lui. La promesse principale n’est plus la durée de la vie sur terre, mais la vie éternelle avec Dieu.

Jésus ne promet pas une existence protégée de la souffrance. Plusieurs de ses disciples ont souffert, certains sont morts jeunes, d’autres martyrs. Mais il promet quelque chose d’inébranlable : « Je leur donne la vie éternelle » (Jean 10:28).

Ainsi, la question n’est plus d’abord : combien de temps vais-je vivre ?

Mais : pour quoi vais-je vivre ? L’apôtre Pierre dit, dans le même esprit du Psaume avait répondu « afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière » (1 Pierre 2:9).

En Christ, nous avons déjà reçu les bénédictions spirituelles : Pardon, Adoption, Esprit, Nouvelle Identité. Et nous attendons encore plus : la résurrection, la nouvelle création, la justice totale. Alors le verset du Psaume 118 prend une autre lumière :

« Je ne mourrai pas, je vivrai, et je raconterai les œuvres de l’Éternel. »

La deuxième phrase explique la première.

Je vis pour raconter. Je vis pour annoncer.

Et c’est exactement ce que reprend l’apôtre Pierre : nous avons été appelés afin d’annoncer les œuvres merveilleuses de Celui qui nous a fait passer des ténèbres à la lumière.

Oui, on peut prier ce verset dans la maladie. Oui, on peut demander à Dieu de préserver la vie terrestre. L’Esprit peut appliquer ce verset prophétiquement sur une saison particulière de notre vie. J’y crois pleinement. Mais l’ordre est important.

Ce n’est pas une garantie de longévité. Si je vis, c’est pour Lui. Comme Paul le dit aux Philippiens : « Christ est ma vie, et la mort m’est un gain. »

Si je reste en vie c’est pour porter du fruit pour Mon Sauveur. Ou alors la mort elle-même devient gain, le gain le plus délicieux qui soit, le gain éternel, car elle m’ouvre les portes à la rencontre de l’Elu de mon cœur, le Seigneur de mon âme, où l’éternité elle-même ne suffira pas pour proclamer, raconter, publier, chanter les merveilles de sa grâce imméritée et de son amour inconditionnel.

OUI ! Je ne mourrai pas, je vivrai, et je raconterai les œuvres de l’Éternel, que ce soit dans cette vie ou celle d’après !

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NIKIZA Jean-Apôtre est né de nouveau en 1997 et appelé au ministère en 2005. Il est pasteur, enseignant, conférencier et écrivain. Il est fondateur du blog Sa Bannière depuis 2018, du mouvement biblique Green Pastures depuis 2015 et co-fondateur de Little Flock Ministries. Il est passionné par la spiritualité chrétienne et le renouveau de l’Eglise. Marié à Arielle Trésor NIKIZA, ensemble ils sont pionniers du mouvement des Hédonistes chrétiens au Burundi. Ils ont trois enfants : NIKIZA Thaïs Garden, REMESHA Nik-Deuel Trésor et KAMUTIMA Bliss Liora.

NIKIZA Jean- Apôtre est auteur des livres comme:

  • Trop jeune pour mourir : Esquisse de l’Histoire de l’Eglise du Burundi
  • Du fond de l’abîme: Méditations sur la prière de Jonas
  • UBWATSI BUTOTAHAYE BWO MW’ISEZERANO RYA KERA Vol&2, un commentaire biblique en Kirundi sur l’Ancien Testament.
  • IKATEKISIMU Y’ABA PURITANI : Ukwizera kw’abera ba kera, une traduction en Kirundi du Catéchisme Puritain.
  • Vous pouvez le contacter directement sur nikiza@littleflockministries.org ou (+257) 76 78 05 29

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