Alors que le monde chrétien de la musique gospel se remettait à peine de la mort du Dr Ron, notre cher révérend Donnie s’est retrouvé au centre d’accusations scandaleuses
Dans mon article d’hommage au révérend Ron Kenoly, je faisais mention de Donnie McClurkin parmi ces grandes voix américaines du gospel qui ont introduit la première génération d’artistes burundais au style R&B adapté au gospel. Son nom y apparaissait naturellement, tant son influence musicale a franchi les frontières et façonné des vocations.
Alors que le monde chrétien de la musique gospel se remettait à peine de la mort du Dr Ron, notre cher révérend Donnie s’est retrouvé au centre d’accusations scandaleuses, l’obligeant — et nous obligeant — à revenir sur des sujets sensibles et profonds : du mariage gay, et surtout la gestion théologique et pastorale de la question de l’homosexualité.
Le révérend Donnie est un vocaliste rare, une de ces voix qui mélangent à la fois une forte émotion, une passion contagieuse et une maitrise technique. Il a été sélectionné à plusieurs reprises pour faire partie des jurys de grands événements musicaux. Il a remporté au moins trois Grammy Awards, vendu des millions d’albums, et chanté lors de grands événements nationaux, notamment lorsqu’il fut invité à se produire au Republican National Convention en 2004, lors de la re-nomination du président Bush.
Il figurait également parmi les artistes que Barack Obama avait sollicités pour rejoindre sa tournée, ce qui suscita de vives polémiques au sein du Parti démocrate, en raison des convictions publiques du révérend sur les questions de genre.
Depuis la fin des années 1980, il fut introduit dans le ministère par la famille The Winans, notamment Marvin Winans, lui aussi chanteur R&B gospel, qui l’emmena à Detroit pour servir avec lui avant de l’envoyer dans sa ville natale de New York afin de commencer son propre ministère. En 2001, il lança Perfecting Faith Church, qui ne tarda pas à devenir une méga-église.
Dans un pays dont la Cour suprême a fini par légaliser l’homosexualité en 2015, Donnie mena un combat ouvert contre ce qu’il considère comme un mode de vie en contradiction avec le plan de Dieu pour l’humanité. Publiquement, sans honte et non sans conséquences, il déclara que l’homosexualité est, selon sa lecture biblique, une malédiction contraire aux intentions de Dieu révélées dans l’Écriture.
Cette position lui coûta cher : la colère des libéraux, la pression politique, la mise à l’écart progressive de certaines plateformes. Cela lui coûta même la colère d’Obama, qui finit par l’écarter de la liste des artistes de ses campagnes sous la pression des démocrates en 2008. Cela lui coûta de la popularité.
En 2013, lors du cinquantième anniversaire de la Marche sur Washington — celle de 1963, marquée par le discours historique de Martin Luther King Jr. — l’événement prit une ampleur symbolique particulière sous la présidence d’Obama. Beaucoup y voyaient la réalisation du rêve de Martin Luther King. Programmé pour chanter, Donnie reçut la veille de l’événement un message du maire l’informant qu’il ne se produirait pas en raison de ses positions jugées anti-gay.
Néanmoins, le révérend demeure un guerrier qui saigne. Il se bat comme un soldat blessé, luttant chaque jour contre cette tendance qu’il qualifie de pécheresse, espérant la victoire jour après jour par la grâce de Dieu. En 2002, il s’ouvrit publiquement sur ses luttes avec l’homosexualité, qu’il attribue à des abus sexuels subis durant l’enfance et à une exposition traumatique à la pornographie très jeune. Son grand-oncle l’aurait abusé sexuellement, influençant profondément son orientation sexuelle.
Convaincu de la puissance de la prière et de la volonté, il affirma croire en la possibilité d’un changement et rejeta son ancien mode de vie. En 2001, il publia son autobiographie Eternal Victim, Eternal Victor, dans laquelle il raconte plus de vingt ans de lutte contre les désirs homosexuels depuis sa nouvelle naissance spirituelle. Il y décrit comment son oncle a déposé en lui cette “semence” à l’âge de huit ans, expose ses convictions bibliques, ses progrès par la prière et la Parole de Dieu, et tente d’offrir de l’espérance, spécialement aux chrétiens qui luttent intérieurement, en affirmant que la victoire est possible.
Ce livre suscita de vives controverses ainsi que la colère des activistes LGBTQ. Alors que la communauté LGBTQ descendait dans la rue pour célébrer la décision de la Cour suprême légalisant le mariage homosexuel, le révérend répondit publiquement :
«Nous venons de recevoir la réponse de la Cour suprême des hommes… nous avons déjà reçu la réponse de Dieu. Sans tenir compte de ce que décrète la Cour suprême des hommes… quels que soient mon passé, mes sentiments et mes luttes… Dieu a établi la seule norme pour le mariage : l’union d’un homme et d’une femme… en Biologie, en Physiologie, en Histoire, dans la Bible et les Écritures, et je ne m’y opposerai jamais.. »
Pendant que le révérend luttait contre ce qu’il appelle sa malédiction, beaucoup de ceux qui l’aiment entretenaient un désir caché : le voir marié à une femme. Un mariage hétérosexuel ne serait-il pas un instrument de Dieu pour sa guérison, et surtout un signe de foi que Dieu continuerait à le délivrer ? Et puis, en tant que pasteur-artiste, on l’imaginait volontiers dans les bras d’une autre célébrité du R&B gospel.
Ami depuis plus de trente ans avec la célèbre chanteuse Yolanda Adams, il essaya de la courtiser, sans que cela n’aboutisse. Puis vint Nicole C. Mullen, et le monde s’enflamma autour de cette relation.
L’histoire sentimentale de Nicole est en elle-même poignante. Mariée très jeune à un pasteur pour enfants dans une grande église du Texas, elle vécut un cauchemar : violences physiques, abus émotionnels, verbaux et sexuels. Elle quitta le foyer après trois ans. La guérison vint progressivement à travers le divorce, l’accompagnement pastoral, l’écriture de chansons et le soutien de ses proches. Elle révéla plus tard que les abus avaient commencé avant même le mariage, et qu’elle s’était mariée en espérant changer son conjoint. Son livre My Redeemer Lives, It’s Personal: A Story Of Hope for our Time est poignant.
Après ce divorce, Nicole épousa le musicien David Mullen, qui devint son manager. Ce mariage échoua également, marqué par des infidélités, et elle annonça leur divorce en 2014.
Deux ans plus tard, en 2016, des rumeurs circulèrent sur une relation possible entre elle et Donnie. Ils se connaissaient depuis quinze ans, mais leur relation prit une tournure plus sérieuse après une conversation lors d’un vol vers l’Afrique en décembre 2015. Les rumeurs furent confirmées lors de l’émission Praise the Lord sur Trinity Broadcasting Network, lorsque Matt Crouch annonça avec enthousiasme un mariage imminent, surprenant même Donnie.
Par la suite, Donnie précisa qu’il était amoureux et espérait se marier, mais que l’annonce avait été prématurée. La relation n’aboutit pas. Il confessa plus tard avoir été paralysé par la peur d’échouer dans le mariage, prisonnier de ses blessures passées et de ses luttes intérieures. Nicole se maria finalement avec Stacey A. Scott en 2021.
Depuis janvier de cette année, des accusations d’abus sexuels datant du début des années 2000 ont refait surface, impliquant un jeune homme venu chercher refuge et délivrance auprès de Donnie. Bien que le révérend nie ces allégations, l’affaire est présentée par ses accusateurs selon un schéma narratif précis : faux espoir, manipulation, escalade, désillusion, départ de l’église, abandon de la “délivrance”, puis mariage avec un partenaire du même sexe.
J’ai essayé de lire ces accusations avec distance. Depuis des milliers de kilomètres de New York, je ne peux prétendre juger définitivement de ce qui est vrai ou faux. Personnellement, je pense que placer un assistant personnel en lutte avec des questions homosexuelles auprès d’un pasteur qui reconnaît lui-même avoir ces tendances crée une proximité dangereuse. Avec le temps, des moments de faiblesse ont pu survenir.
Mais je perçois aussi dans cette narration une construction idéologique, souvent reprise et amplifiée par des milieux militants LGBTQ qui soutiennent des actions judiciaires visant à discréditer toute affirmation biblique sur le mariage et le genre. Le récit est soigneusement organisé pour conduire à une conclusion théologique non biblique : que l’homme n’a jamais été “maudit”, que la délivrance est une illusion, et que la paix viendrait de l’acceptation pleine de son orientation.
Or, pour moi, c’est précisément là que se joue le combat spirituel. Quelle que soit la part de faiblesse humaine qui ait pu exister chez le révérend Donnie dans une relation d’aide complexe et mal encadrée, il me semble aujourd’hui subir une nouvelle vague de persécutions pour avoir osé défendre une vision biblique du genre et du mariage, malgré ses propres luttes, failles et contradictions.
Le révérend Donnie demeure, à mes yeux, une voix blessée mais sincère, un chantre qui a porté la croix de ses combats personnels sur la scène publique, parfois au prix de sa réputation. Sa vie ressemble à une traversée de larmes, de dissonances, de notes brisées, mais tendue vers une harmonie qu’il croit possible par la grâce de Dieu. Prions pour Donnie.
J’ai eu à aider des personnes luttant contre leurs tendances homosexuelles et je peux vraiment dire qu’il est facile pour le diable de démoraliser et vous voler l’Esperance en la victoire que nous présente l’Evangile. C’est également facile de tomber dans le piège des théories émergentes les plus récentes et s’éloigner petit à petit de la Bible. J’aimerais partager un nom qui m’a aidé et qui m’aide toujours dans l’accompagnement pastoral lié au problème d’homosexualité : Wesley Hill.
Il est un spécialiste du Nouveau Testament et enseigne dans l’école du ministère à Trinity School for Ministry. Lui-même un homme ayant une orientation sexuelle gay, mais opposé au sexe et mariage gay aime répéter souvent ses convictions qui peuvent être résumées en sa phrase célèbre :
La raison pour laquelle en tant que chrétien je dis « non » aux relations homosexuelles est que parce que j’accepte l’enseignement de Jésus sur le mariage (Matthieu 19).
Ses trois livres:
Vous apprécierez ses efforts constants à replacer le débat dans le contexte de l’Evangile et les grandes vérités du Salut. Comme quand Il dit:
« Je crois qu'il est important de continuer à parler de l'Évangile, des Écritures et de notre compréhension de l'Église. Nous ne devons jamais tenir les fondements pour acquis. C'est pourquoi je m'efforce toujours de présenter la vision chrétienne traditionnelle de la sexualité et du mariage en revenant aux grands fondements bibliques et théologiques tels que la création (Genèse 1-2), la chute (Romains 1), l'alliance, le royaume de Dieu (Marc 10) et le baptême… Je suis baptisé et, par conséquent, mon corps ne m'appartient plus (1 Corinthiens 6), et je crois que le célibat témoigne des noces à venir de l'Agneau de Dieu (Apocalypse 19).
« Beaucoup de gens, dans notre société, pensent que les chrétiens s'opposent à l'homosexualité en raison d'idées dépassées selon lesquelles les personnes homosexuelles « choisissent » leur sexualité et seraient simplement hypersexuelles et rebelles. Il est important pour moi de préciser que ce n'est absolument pas le fondement de la vision chrétienne traditionnelle. Ce sont plutôt nos conceptions de la création, du péché et de la rédemption qui façonnent notre compréhension de la finalité de la sexualité et de la nature du mariage. »

NIKIZA Jean-Apôtre est né de nouveau en 1997 et appelé au ministère en 2005. Il est pasteur, enseignant, conférencier et écrivain. Il est fondateur du blog Sa Bannière depuis 2018, du mouvement biblique Green Pastures depuis 2015 et co-fondateur de Little Flock Ministries. Il est passionné par la spiritualité chrétienne et le renouveau de l’Eglise. Marié à Arielle Trésor NIKIZA, ensemble ils sont pionniers du mouvement des Hédonistes chrétiens au Burundi. Ils ont deux enfants : NIKIZA Thaïs Garden et REMESHA Nik-Deuel Trésor. NIKIZA Jean-Apôtre est aussi connu pour être un lecteur assidu des livres. Les grandes influences qui ont façonné sa vie et le ministère sont: Martyn Lloyd Jones, John Piper et A.W Tozer. Ses passe-temps sont : la musique, le basketball, les films et un bon sommeil.
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